Comment traduire la carte de son restaurant — et pourquoi Google Traduction vous coûte de l'argent (2026)
Un touriste qui ne comprend pas une carte commande le plat le moins cher. À chaque fois. Pas par économie — parce qu'il devine, et que personne ne devine cher.
Réponse courte : une carte bien traduite fait monter le ticket moyen de vos clients étrangers. Procédez en trois temps. Faites traduire les descriptions par une IA pour obtenir un premier jet, faites-les corriger par une personne dont c'est la langue maternelle, et ne laissez jamais une machine approcher vos allergènes. Gardez les noms de plats dans leur langue d'origine et ajoutez une courte explication en dessous. Publiez en numérique, pour qu'une seule modification mette à jour toutes les langues au lieu de quatre réimpressions.
Google Traduction n'est plus mauvais en langue. Il est mauvais en cartes de restaurant. C'est un problème différent, et c'est celui qui vous coûte de l'argent.
Ce que la traduction automatique rate systématiquement sur une carte
L'IA de traduction gère très bien les phrases normales. Une carte, ce ne sont pas des phrases normales. C'est une liste de noms propres, de techniques de cuisson, de plats régionaux et de mentions légales — le tout sans aucun contexte autour.
Voici où ça casse, à chaque fois :
| Le problème | Ce que fait la machine | Ce que ça vous coûte |
|---|---|---|
| Noms de plats | Traduction littérale | « Croque-monsieur » devient « crunch-mister ». Le client passe au suivant |
| Absence de contexte | Devine sur des expressions courtes | « Plancha » devient « iron ». « Seiche » devient une couleur |
| Techniques de cuisson | Choisit le mauvais sens | « Al dente » devient « à la dent ». Personne ne commande ça |
| Mots d'allergènes | Les traduit comme des mots ordinaires | C'est le point dangereux. Voir plus bas |
| Grammages et volumes | Ne convertit rien | « 8 oz » reste « 8 oz » pour un client qui pense en grammes |
| Vos noms de marque | Les traduit aussi | Votre burger signature devient une phrase absurde |
| Le ton | L'écrase | Vos descriptions chaleureuses et drôles sortent comme une notice de montage |
Rien de tout ça n'est un bug. L'outil fait exactement ce pour quoi il a été construit. Une carte n'est simplement pas un texte suivi — c'est une base de données avec des adjectifs.
L'erreur sur les allergènes est celle qui met fin à une carrière
Tout ce qui précède est gênant. Celle-ci est d'une autre nature.
La traduction automatique adoucit, inverse ou supprime régulièrement une négation. « Ne contient pas de fruits à coque » et « contient des fruits à coque » sont séparés d'un mot dans la plupart des langues. Traduisez une carte automatiquement en six langues, et personne dans votre équipe ne lit assez bien quatre d'entre elles pour attraper l'erreur.
Règle sans exception : le texte des allergènes n'est jamais traduit par une machine et jamais laissé sans contrôle. Faites-le traduire par une personne, puis vérifier par une deuxième personne qui mange dans cette langue. Cela représente une quarantaine de mots par langue. C'est le travail de sécurité le moins cher que vous achèterez jamais. Notre guide sur comment déclarer les allergènes sur une carte numérique explique comment les présenter une fois les mots justes.
En France, la carte doit d'abord être en français : la loi Toubon
C'est le point que les guides anglophones ignorent complètement, et il concerne tous les restaurants français.
La loi n° 94-665 du 4 août 1994, dite loi Toubon, impose l'usage du français dans la désignation, l'offre et la présentation d'un bien ou d'un service en France. Concrètement, pour une carte :
- Le français est obligatoire. Une carte uniquement en anglais, même dans un quartier ultra-touristique, n'est pas conforme.
- Les langues étrangères sont autorisées en complément, jamais en remplacement. La version française doit être aussi lisible et aussi complète que les autres.
- Une carte bilingue satisfait la règle dès lors que le français est présent et compréhensible.
- La DGCCRF contrôle ce point, comme elle contrôle l'affichage des prix.
Deux nuances utiles. Un nom de plat étranger consacré par l'usage — pizza, sushi, tapas, fish and chips — ne pose aucun problème. Et une marque déposée n'a pas à être traduite. Ce qui doit être en français, c'est la description : les ingrédients, les cuissons, les mentions au client.
La bonne nouvelle : cette obligation va exactement dans le sens de la méthode décrite ici. Le nom du plat reste tel quel, la description est écrite en français, puis traduite dans les autres langues. Vous êtes conforme et vendeur en même temps.
Le calcul : ce que coûte vraiment une carte incompréhensible
Faisons les comptes, parce que « améliorer l'expérience client » ne paie aucune facture fournisseur.
Prenons un restaurant de 60 couverts qui fait 1 200 couverts par mois. Disons que 30 % sont des clients étrangers — un chiffre normal en centre-ville, en bord de mer ou près d'un hôtel. Cela fait 360 couverts.
Un client étranger devant une carte qu'il ne comprend pas fait trois choses :
- Il saute l'entrée. Il ne sait pas ce que c'est, il ne risque pas 12 € dessus.
- Il ignore complètement la carte des vins. Les descriptions de vin sont le texte le plus difficile d'une carte.
- Il commande le plat qu'il reconnaît. Généralement le plus générique et le moins cher.
Admettons qu'une carte lisible récupère un seul article supplémentaire sur un quart de ces couverts — une entrée, un dessert, une deuxième boisson à environ 8 €.
90 couverts × 8 € = 720 € par mois. 8 640 € par an. Pour un texte écrit une seule fois.
Et c'est la version prudente. Elle ignore le client qui a passé son chemin parce que la carte en vitrine ne lui disait rien, et l'avis qui dit « très bonne cuisine, mais on n'a rien compris à ce qu'on commandait ». Ces avis-là freinent vos réservations pendant des années, et ils ressortent dans les recherches — sujet que nous creusons dans comment obtenir plus d'avis Google.
Il y a aussi un coût en personnel. Une carte illisible transforme vos serveurs en interprètes. Quatre minutes à expliquer la carte à la table neuf, ce sont quatre minutes qui ne servent pas la table douze.
Quelles langues ajouter ?
Pas toutes. C'est là que la plupart des restaurateurs ne font rien, ou font neuf langues mal faites.
Commencez par deux ou trois. Ajoutez quand les données le demandent.
Où trouver ces données, dans cet ordre :
- Les statistiques de votre carte numérique. Une carte digitale peut vous montrer depuis quels pays elle a été scannée. C'est le signal le plus honnête qui existe, parce que ce sont vos vrais clients, pas une moyenne d'office de tourisme.
- Votre fiche établissement Google. Les requêtes utilisées et l'origine des recherches.
- Les plateformes d'avis et de réservation. Dans quelle langue vos avis sont-ils écrits ?
- Vos voisins. Quelle nationalité remplit l'hôtel d'à côté ? Quels cars s'arrêtent dans la rue ?
- Votre équipe. Vos serveurs savent dans quelle langue on leur parle le plus souvent. Posez-leur la question aujourd'hui.
Un repère qui tient bien en France :
| Votre situation | Premier jeu de langues raisonnable |
|---|---|
| Centre-ville touristique (Paris, Lyon, Bordeaux) | français + anglais + espagnol ou italien |
| Littoral et stations balnéaires | français + anglais + néerlandais ou allemand |
| Station de montagne | français + anglais + néerlandais, allemand ou danois |
| Zone frontalière (Alsace, Savoie, Pays basque, Nord) | français + la langue du voisin + anglais |
| Quartier d'affaires | français + anglais. C'est vraiment suffisant |
| Près d'une université | français + anglais + la plus grosse communauté internationale |
| Clientèle du Golfe (Paris, Cannes, Courchevel) | français + anglais + arabe |
L'anglais n'est optionnel nulle part dès qu'il y a des touristes. C'est la langue de repli quand la sienne n'est pas proposée. Mais l'anglais seul reste une demi-mesure dans une ville pleine de visiteurs allemands ou espagnols : ils le lisent, ils ne le savourent pas — et c'est le plaisir qui fait commander le dessert.
La règle qui corrige la plupart des mauvaises traductions
La voici, plus simple que ce que les gens imaginent :
Ne traduisez pas le nom du plat. Traduisez la description.
« Bœuf bourguignon » reste « Bœuf bourguignon » dans toutes les langues de votre carte. En dessous, dans la langue du client : beef slow-braised in red wine with mushrooms, smoked bacon and pearl onions.
Trois raisons pour lesquelles ça marche mieux que de traduire le nom :
- Le client peut le commander à voix haute. Il pointe, il prononce, le serveur comprend. Un nom traduit casse ce mécanisme.
- Ça garde la poésie. « Old clothes » ne vend rien. « Ropa vieja — bœuf effiloché longuement mijoté aux poivrons » vend très bien.
- Ça apprend quelque chose au client. Les gens adorent retenir un nom de plat en vacances. Ils le répètent à leurs amis. C'est de la publicité gratuite.
La même règle s'applique à vos créations. Si vous l'appelez « le Dominical », il reste « le Dominical » en polonais, en turc, en arabe. Seule la description change.
Exception : les articles simples et fonctionnels. « Salade verte » n'a rien à protéger. Traduisez et passez à la suite.
Quatre façons de faire traduire, et ce que chacune coûte vraiment
| Méthode | Coût par langue | Délai | Pour qui | Verdict honnête |
|---|---|---|---|---|
| Google Traduction seul | 0 € | Quelques minutes | Rien de publiable | Bien pour un brouillon. Jamais pour une carte |
| Premier jet IA + relecture native | 60–180 € | 1 à 2 jours | Presque tout le monde | Le bon compromis en 2026 |
| Traducteur pro spécialisé gastronomie | 180–500 € | 3 à 7 jours | Gastronomie, menus dégustation, cartes des vins | Justifié quand les mots portent le prix |
| Un salarié bilingue | Une journée de salaire | Le jour même | Cartes du quotidien | Excellent — s'il sait aussi écrire |
Une traduction professionnelle de carte se facture généralement 0,12 à 0,25 € par mot. Une carte de 60 plats avec descriptions représente 1 200 à 1 800 mots, donc un budget de 180 à 450 € par langue pour un travail professionnel complet.
La méthode réaliste en 2026 pour la plupart des restaurants, c'est la deuxième ligne. L'IA produit un jet solide en quelques secondes. Une personne de langue maternelle passe deux heures à corriger les noms de plats, le ton et les erreurs, à 25–45 € de l'heure. Vous obtenez 90 % de la qualité professionnelle pour un tiers du prix — à condition qu'un humain relise vraiment. Une « IA plus relecture » sans relecture, c'est Google Traduction avec des étapes en plus.
Un avertissement sur le salarié bilingue : parler une langue et y écrire des descriptions de plats sont deux compétences différentes. Votre serveuse polonaise peut parler un polonais parfait et écrire une description totalement plate. Demandez un plat en exemple avant de confier la carte entière.
Et comparez tout ça à l'impression. Chaque langue imprimée en plus, c'est un tirage supplémentaire — environ 150 à 500 € à chaque changement de prix. Notre analyse du coût d'impression des cartes fait les comptes sur l'année, et la comparaison entre carte QR code et carte imprimée montre où la formule mixte gagne.
Construisez un glossaire avant de traduire quoi que ce soit
C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui vous fait gagner le plus de temps sur la deuxième langue.
Rédigez une page listant vos termes et le traitement de chacun. Donnez-la à tous vos traducteurs, humains ou IA.
À garder en français (ne jamais traduire) :
- Le nom de votre établissement et vos plats signature
- Les plats traditionnels : cassoulet, bouillabaisse, tartiflette, pot-au-feu, bœuf bourguignon, tarte Tatin
- Les appellations protégées : Roquefort, Comté, Champagne, Camembert de Normandie, Bresse
À traduire toujours, et de la même façon partout :
- Les noms d'allergènes — le même mot à chaque fois, dans chaque langue
- Les cuissons : grillé, frit, vapeur, rôti, mijoté
- Les ingrédients courants : poulet, ail, crème
- Toutes les mentions du type « avant de commander »
À trancher une fois pour toutes :
- Les grammages — vous affichez 200 g, ou 200 g et l'équivalent ?
- Le niveau de piment — piments dessinés, mots, ou chiffre ?
- Votre ton — un humour qui marche en français devient rarement drôle ailleurs. Visez plutôt la chaleur que la blague
Écrivez le glossaire une fois et chaque langue suivante prendra deux fois moins de temps. C'est aussi ce qui fait que votre carte sonne comme vous en six langues, au lieu de sonner comme six restaurants différents.
Allergènes et loi : votre langue locale est la langue légale
C'est ici que la traduction cesse d'être un sujet marketing.
La règle vaut presque partout : l'information allergènes obligatoire doit exister dans la langue officielle du pays. Toutes les autres langues sont un ajout, jamais un remplacement. Traduire votre carte en anglais ne vous libère d'aucune obligation écrite en français.
Et en France, l'exigence est plus stricte que ce que racontent la plupart des articles anglophones. Le décret n° 2015-447 et l'arrêté du 8 octobre 2015 imposent une information écrite, disponible avant la commande, et sans que le client ait à la demander. L'information orale ne suffit pas. Elle doit figurer sur la carte ou sur un support visible et accessible à tous.
Voici comment ça se présente selon les marchés :
| Où | Ce qui est attendu |
|---|---|
| France | 14 allergènes par plat, par écrit, avant la commande, sans demande du client (décret 2015-447 + arrêté du 8 octobre 2015). Contrôles DGCCRF au niveau national et DDPP au niveau départemental |
| Union européenne | Règlement (UE) 1169/2011 : 14 allergènes déclarés pour chaque plat, disponibles avant la commande, dans une langue facilement compréhensible par le consommateur du pays de vente — chaque État peut imposer sa langue nationale |
| Espagne | Par écrit avant la commande. Certaines communautés autonomes ajoutent leur propre langue |
| Belgique / Pays-Bas | L'information orale est admise si elle s'appuie sur une mention visible et un support écrit consultable par le personnel |
| Irlande | Par écrit, clair et lisible, sans que le client ait à demander (FSAI) |
| Royaume-Uni | Information disponible avec une mention claire. La FSA recommande désormais l'écrit plus une vérification orale. Étiquetage complet pour le PPDS (loi Natasha) |
| Suisse | Information obligatoire ; l'oral est admis si une mention visible l'indique |
| États-Unis | 9 allergènes majeurs au niveau fédéral, pas d'obligation fédérale d'affichage sur la carte |
| Pays du Golfe (Qatar, EAU, Bahreïn, Arabie saoudite) | Règles municipales de sécurité alimentaire ; l'arabe est généralement attendu à côté de l'anglais. Vérifiez auprès de la municipalité, les exigences varient d'un émirat à l'autre |
Un point spécifiquement français : au-delà des 14 allergènes réglementaires, le sarrasin (blé noir) mérite une vraie attention chez nous. Le Réseau d'Allergo-Vigilance l'a retrouvé dans une part non négligeable des anaphylaxies alimentaires enregistrées en France, et il est partout dans les crêperies. Ce n'est pas une obligation, c'est du bon sens local.
Trois choses à graver au mur :
- Une erreur de traduction sur les allergènes engage votre responsabilité, pas celle de l'outil. « C'est l'application qui l'a traduit » n'a jamais été une défense nulle part.
- Une carte QR code compte comme un support écrit dans la plupart des cas — à condition que le client y accède avant de commander et que vous gardiez une solution pour les personnes sans téléphone.
- Votre document allergènes interne reste en français. C'est la version sur laquelle travaillent votre équipe et les contrôleurs.
Pour la liste complète, notre guide sur les 15 allergènes que tout restaurant doit connaître donne tous les noms, et les obligations d'affichage des allergènes en Europe détaille les règles pays par pays.
Pourquoi les allergènes traduits font vendre, et pas seulement protéger
Les restaurateurs voient les allergènes comme une corvée réglementaire. Les clients y voient un signal de confiance — et l'effet est d'autant plus fort qu'ils sont loin de chez eux.
Mettez-vous à leur place. Vous êtes dans un pays dont vous ne parlez pas la langue, et vous êtes allergique au sésame. Vous ne prendrez aucun risque. Vous mangerez dans un endroit sûr et ennuyeux, probablement une chaîne, probablement ce soir et demain soir.
Maintenant, imaginez qu'un restaurant de la rue affiche « contient du sésame » dans votre langue. Vous n'allez pas seulement y manger — vous êtes soulagé, vous y retournez dans la semaine, et vous le dites au groupe. Notre article sur que faire quand un client annonce une allergie traite le côté salle de cette conversation.
Un client allergique ne mange presque jamais seul. C'est lui qui choisit le restaurant pour la tablée de six. Traduisez les allergènes et vous ne gagnez pas un couvert — vous gagnez la réservation.
L'arabe et l'écriture de droite à gauche : traduire ne suffit pas
Si vous ajoutez l'arabe, sachez-le d'emblée : ce ne sont pas seulement des mots différents. Toute la mise en page bascule.
Le texte se lit de droite à gauche. L'ordre de lecture de la page aussi — titres, prix, icônes, tout. Une carte qui se contente de coller du texte arabe dans une mise en page de gauche à droite paraît cassée à un lecteur arabophone en une demi-seconde. C'est un problème de confiance avant même la lecture du premier plat.
Ce qu'il faut réussir :
- Une vraie mise en page de droite à gauche, pas un simple alignement à droite
- L'arabe standard moderne, pas un dialecte régional — c'est le registre compris du Maroc à Oman
- Les chiffres et les prix placés comme les lecteurs arabophones les attendent
- Une police qui rend correctement l'arabe. Beaucoup de polices décoratives ne le font pas, et les lettres cessent de se lier
Même histoire, en plus léger, pour l'hébreu. Et si votre clientèle vient du Golfe — un segment important et en forte croissance sur la Côte d'Azur, à Paris et dans les stations alpines en 2026 — l'arabe n'est pas un bonus. C'est la différence entre être envisagé et être ignoré.
Publier : une carte, plusieurs langues
Écrire le bon texte, c'est la moitié du travail. Le diffuser, c'est l'autre moitié — et c'est là que les cartes imprimées s'effondrent.
La version papier : quatre langues, ce sont quatre piles de cartes, quatre tirages, et un client avec la mauvaise en main. Un prix change et vous réimprimez tout. Certains établissements finissent par tendre aux touristes la « carte anglaise » de 2023 parce que les nouvelles n'ont été imprimées qu'en français.
La version numérique : une carte, un QR code, un sélecteur de langue en haut. Le client choisit sa langue, ou la carte lit le réglage de son téléphone et s'ouvre directement dedans. Vous changez un prix une fois et toutes les langues se mettent à jour instantanément.
Quelques détails qui font qu'une carte multilingue fonctionne vraiment :
- Un seul QR code pour toutes les langues. Pas un code par langue — c'est un mur d'autocollants que personne ne comprend.
- Un sélecteur de langue visible tout en haut. Les drapeaux sont jolis mais trompeurs (quel drapeau pour l'arabe ? pour l'espagnol ?). Utilisez les noms de langues écrits dans leur propre langue : Français · English · Español · العربية · Deutsch.
- Détection automatique, mais toujours modifiable. Un client allemand dont le téléphone est en anglais doit pouvoir choisir l'allemand.
- Des photos, qui ne demandent aucune traduction. Une bonne photo fait plus pour un client perdu que n'importe quel texte. Les photos de plats pour la commande en ligne explique comment les réussir sans budget.
Et n'oubliez pas l'obligation d'affichage : en France, les prix TTC service compris doivent être affichés à l'extérieur, lisibles depuis la voie publique (arrêté du 27 mars 1987). Un QR code ne remplace pas cet affichage. La carte en vitrine reste obligatoire — et c'est justement elle qui doit être compréhensible pour le passant étranger.
Si votre carte est encore un PDF, transformer une carte PDF en menu QR code est le chemin le plus rapide, et comment créer un menu QR code gratuitement couvre le départ de zéro.
Pour information : Tabres permet de publier votre carte dans autant de langues que vous voulez — noms de plats, descriptions, allergènes, en-têtes et pieds de page par langue — avec une vraie prise en charge de l'écriture de droite à gauche pour l'arabe, sur un seul QR code. C'est gratuit, et nous expliquons publiquement pourquoi. Utilisez l'outil qui vous convient : la méthode décrite ici fonctionne avec n'importe lequel.
Testez avant de publier
Vingt minutes de test attrapent presque tout.
- Faites-la lire à voix haute par un locuteur natif. Pas une relecture — une lecture à voix haute. Il grimacera sur la mauvaise phrase avant même de savoir l'expliquer.
- Vérifiez chaque négation. « Sans fruits à coque », « sans gluten », « pas épicé », « sans lactose ». C'est là que les machines inversent le sens.
- Ouvrez-la sur un vrai téléphone. Les mots allemands et finlandais cassent les mises en page. L'arabe et le russe sont plus longs que le français. Ça déborde.
- Contrôlez chaque prix et chaque chiffre. Les virgules et les points décimaux changent selon les langues, et un outil de traduction « aidera » volontiers.
- Cherchez les restes. Du français oublié dans une description anglaise, c'est le bug le plus fréquent de tous.
- Demandez à un client. Sérieusement : prenez un client de ce pays et demandez-lui une minute de son temps. Il vous dira la vérité gratuitement.
Sept erreurs qui coûtent de l'argent
- Traduire les noms de plats littéralement. Correction : gardez le nom, traduisez la description en dessous.
- Faire traduire les allergènes par une machine. Correction : traduction humaine, deuxième vérification humaine, aucune exception.
- Faire neuf langues mal. Correction : deux langues bien faites battent neuf bâclées. Ajoutez quand les données le demandent.
- Traduire une fois et ne plus jamais y toucher. Correction : quand un plat change, toutes les langues changent. Le jour même.
- Un QR code différent par langue. Correction : un code, un sélecteur, le client choisit.
- Coller de l'arabe dans une mise en page de gauche à droite. Correction : vraie mise en page de droite à gauche, ou pas d'arabe pour l'instant.
- Oublier le français. Correction : la loi Toubon impose le français ; les autres langues viennent en plus, jamais à la place.
Mettez votre deuxième langue en ligne cette semaine
Vous n'avez pas besoin d'un plan de projet. Vous avez besoin d'environ trois heures réparties sur quelques jours.
- Choisissez une langue. Celle qu'on demande le plus à vos serveurs. Vingt minutes avec l'équipe.
- Écrivez le glossaire. Une page : ce qui ne se traduit jamais, ce qui se traduit toujours. Trente minutes.
- Lancez un premier jet IA de vos descriptions. Donnez-lui le glossaire. Dix minutes.
- Faites corriger par un locuteur natif. Deux heures de son temps, payées. C'est l'étape qui compte.
- Traitez les allergènes à part. Traduction humaine, double vérification. Trente minutes.
- Publiez et testez sur un téléphone. Lecture à voix haute, chasse aux restes. Vingt minutes.
Puis regardez ce qui arrive à votre ticket moyen sur ces clients-là dans le mois qui suit. Si votre outil de carte vous indique les pays qui la scannent, vous verrez le déplacement dans les données — et vous saurez exactement quelle langue ajouter en deuxième. C'est la même logique que dans l'ingénierie de la carte et la fixation des prix selon la valeur perçue.
Questions fréquentes
Comment bien traduire la carte de son restaurant ? Gardez les noms de plats dans leur langue d'origine et traduisez les descriptions en dessous. Utilisez l'IA pour un premier jet, puis payez deux heures à un locuteur natif pour corriger le ton et les erreurs. Traitez les allergènes séparément, à la main, avec une deuxième vérification. Publiez en numérique pour qu'une modification mette toutes les langues à jour d'un coup.
Google Traduction suffit-il pour une carte de restaurant ? Pour un brouillon, oui. Pour publier, non. Il traduit les noms de plats littéralement, se trompe sur les expressions courtes sans contexte, et surtout il peut inverser une négation dans le texte des allergènes. Utilisez-le pour gagner du temps, jamais pour terminer le travail.
Combien coûte la traduction d'une carte de restaurant ? Un travail professionnel complet se facture 0,12 à 0,25 € par mot, soit environ 180 à 450 € par langue pour une carte de 60 plats. La voie courante en 2026 — premier jet IA plus deux heures de relecture native — revient plutôt à 60 à 180 € par langue. À comparer aux 150 à 500 € par réimpression et par langue.
Combien de langues faut-il sur une carte ? Deux ou trois pour commencer : le français, l'anglais et la langue de votre plus grosse clientèle étrangère. N'en ajoutez que si vos données le justifient. Deux langues bien faites battent six bâclées — une mauvaise traduction se lit comme de la négligence sur tout le reste, y compris la cuisine.
Faut-il traduire les noms de plats ? Non. Gardez les noms traditionnels et signature dans leur langue d'origine et mettez une courte description dessous, dans la langue du client. Il pourra commander à voix haute, le plat garde son caractère, et vous évitez complètement l'effet « old clothes ».
Suis-je obligé de proposer une carte en plusieurs langues ? Non, mais vous êtes obligé d'en proposer une en français : c'est la loi Toubon. Les langues supplémentaires sont commerciales, pas légales. En revanche, l'information allergènes doit exister en français, par écrit, avant la commande.
Peut-on faire traduire les allergènes par une machine ? Non. La négation et les mots presque identiques sont exactement là où la traduction automatique échoue, et les conséquences sont médicales, pas cosmétiques. Faites traduire par une personne et vérifier par une seconde. Cela représente moins de 50 mots par langue.
Comment afficher plusieurs langues sur une carte QR code ? Un seul QR code, avec un sélecteur de langue en haut de la carte. Laissez la carte détecter la langue du téléphone, mais laissez toujours le client la changer. Évitez un QR code par langue : les clients scannent le mauvais autocollant et vous multipliez vos impressions.
Et les langues qui s'écrivent de droite à gauche, comme l'arabe ? L'arabe demande une mise en page entièrement inversée, pas seulement un texte aligné à droite. Titres, prix, icônes et ordre de lecture basculent. Utilisez l'arabe standard moderne plutôt qu'un dialecte, et vérifiez que votre police lie correctement les lettres — beaucoup de polices décoratives ne le font pas.
À quelle fréquence mettre à jour une carte traduite ? À chaque modification de l'original. Un changement de prix, un nouveau plat, un ingrédient remplacé : toutes les langues se mettent à jour le même jour. C'est l'argument le plus fort en faveur d'une carte numérique — une modification, toutes les langues, aucune réimpression et aucune version anglaise périmée de l'été dernier.
Le résumé honnête : traduire une carte n'est pas un projet linguistique. C'est un projet commercial qui passe par la langue.
Gardez les noms de plats. Traduisez les descriptions. Ne laissez jamais une machine toucher vos allergènes. Faites deux langues correctement plutôt que six à la va-vite, et publiez sur un support que vous pouvez corriger en dix secondes.
Faites ça, et le client qui pointait le plat le moins cher se met à commander comme s'il était chez lui. C'est tout le retour sur investissement — et il vient d'un travail que vous ne faites qu'une fois.