Le vrai coût pour ouvrir un café : budget détaillé (2026)

Tabres Team
coût ouverture cafébudget ouverture coffee shopcombien coûte l'ouverture d'un cafébusiness plan caféprix machine à espressobudget lancement caféouvrir un café

Ouvrir un petit café avec quelques places assises en France coûte 90 000 à 400 000 € en 2026. Un triporteur mobile coûte 12 000 à 35 000 €. L'écart entre ces deux chiffres ne vient pas de la machine à espresso — il vient des travaux et du loyer que vous payez pendant des mois avant de vendre le premier café.

Voici la version courte. Votre plus gros poste, ce sont les travaux, pas le matériel. Le deuxième, c'est l'argent que vous brûlez portes fermées. La plupart de ceux qui manquent de trésorerie n'ont pas trop dépensé en machines. Ils ont budgété le chantier et oublié les six mois qui suivent. Ci-dessous, chaque ligne, avec de vrais prix français 2026, trois budgets complets et le calcul du seuil de rentabilité.

Combien coûte l'ouverture d'un café ?

Tout dépend du format que vous choisissez. C'est la décision la plus lourde de votre projet, et elle se prend avant le premier achat.

Format Coût réaliste tout compris Délai d'ouverture
Triporteur ou vélo-café 12 000 – 35 000 € 2 à 4 mois
Camion ou remorque café 40 000 – 110 000 € 3 à 6 mois
Corner ou kiosque dans un lieu existant 40 000 – 110 000 € 3 à 5 mois
Petit café dans un local déjà aux normes (60 à 100 m²) 90 000 – 220 000 € 4 à 8 mois
Petit café dans un local brut à transformer 200 000 – 400 000 € 8 à 14 mois
Reprise d'un fonds de commerce en activité 80 000 – 300 000 € 3 à 6 mois

« Déjà aux normes » veut dire que le local était un café, un restaurant ou une boulangerie. La plomberie, le bac à graisses, l'extraction et les sanitaires accessibles existent déjà. Ce seul point peut retirer 80 000 à 120 000 € de votre chantier. Entre un beau local brut et une ancienne sandwicherie un peu triste, prenez la sandwicherie et mettez 15 000 € de peinture et d'agencement.

La reprise d'un fonds de commerce mérite un mot à part : vous rachetez la clientèle, le droit au bail, le matériel et souvent la licence, et vous ouvrez en quelques mois au lieu d'un an. En contrepartie, l'article L1224-1 du code du travail transfère automatiquement tous les contrats de travail en cours, avec leur ancienneté. Ce n'est pas un détail : vous héritez d'une équipe, pas seulement de murs.

Les travaux : la ligne qui décide de tout

Comptez 600 à 1 800 € par m² pour transformer un local brut, dans la plupart des villes françaises. Un local de 80 m² tombe donc entre 48 000 et 144 000 €. Un local déjà exploité en restauration redescend à 250 à 700 € par m², soit 20 000 à 56 000 € pour la même surface.

Où part concrètement cet argent :

  • Plomberie — plonge, lave-mains à commande non manuelle, siphon de sol, arrivées et évacuations : 5 000 à 18 000 €
  • Bac à graisses, exigé par la plupart des services d'assainissement dès qu'il y a de la vaisselle : 1 500 à 6 000 € posé
  • Électricité — une machine à espresso 2 groupes demande une ligne dédiée, souvent en triphasé 32 A. Ajoutez le percolateur filtre, la machine à glaçons et les frigos et vous passez souvent par une reprise de tableau : 3 000 à 10 000 €
  • VMC et ventilation : 5 000 à 15 000 €
  • Sanitaires accessibles PMR — obligatoires dès que vous avez des places assises, votre café étant un ERP de catégorie 5. Créer un WC accessible dans un vieil immeuble : 6 000 à 20 000 €
  • Sols, murs, plafonds, peinture : 10 000 à 40 000 €
  • Architecte ou maître d'œuvre et dossier technique : 3 000 à 12 000 €
  • Autorisation de travaux ERP et déclaration préalable : gratuites à déposer, mais comptez le temps d'instruction

Une seule décision de carte fait basculer ce budget. Si vous servez de l'espresso, du froid et des pâtisseries réchauffées dans un four ventilé sans graisse, vous évitez en général une hotte d'extraction. Ajoutez une plancha, une friteuse ou une cuisson à flamme et vous la déclenchez : 15 000 à 40 000 € posée, plus le système d'extinction.

Et voici le piège franco-français que les guides internationaux ignorent totalement : en copropriété, un conduit d'extraction doit sortir en toiture et son passage exige l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Un refus, et votre projet de cuisine chaude meurt après la signature du bail. Vérifiez le règlement de copropriété et l'existence d'un conduit avant de signer, pas après.

L'agencement — votre bar, votre arrière-bar, vos étagères — se chiffre à part et surprend tout le monde : 12 000 à 40 000 € en menuiserie sur mesure. Un menuisier local bat en général un agenceur spécialisé de 25 à 40 % sur les mêmes plans.

Le matériel : ce que coûte vraiment un bar à café

C'est la partie amusante, et elle est plus petite qu'on ne croit. Voici un bar 2 groupes fonctionnel, neuf contre occasion.

Poste Neuf Occasion ou entrée de gamme
Machine à espresso 2 groupes 4 500 – 16 000 € 2 000 – 7 000 €
Moulins (2 : normal et déca) 2 000 – 6 000 € 800 – 2 500 €
Percolateur filtre 1 500 – 3 500 € 600 – 1 500 €
Moulin pour le filtre 900 – 2 500 € 400 – 1 200 €
Traitement d'eau et adoucisseur 600 – 2 500 € 600 – 1 200 €
Frigos sous comptoir (2) 1 800 – 4 500 € 900 – 2 200 €
Machine à glaçons et bac 1 800 – 4 000 € 800 – 1 800 €
Vitrine réfrigérée pâtisserie 1 800 – 6 000 € 900 – 2 800 €
Blender silencieux professionnel 800 – 1 800 € 400 – 900 €
Lave-verres sous comptoir 1 800 – 5 000 € 900 – 2 200 €
Plonge, lave-mains, siphon 900 – 2 500 € 500 – 1 200 €
Petit matériel : pichets, tampers, balances, bac à marc 1 200 – 3 000 € 800 – 1 600 €
Total 20 000 – 57 000 € 10 000 – 28 000 €

Quelques prix français réels pour vous situer. Une Nuova Simonelli Appia Life 2 groupes tourne autour de 4 500 à 6 000 €. Une La Marzocco Linea PB 2 groupes, plutôt 16 000 à 20 000 €. Une Slayer ou une Black Eagle grimpe à 20 000 – 28 000 €. Côté moulins, un Mahlkönig E65S GbW est à environ 3 500 €, un Mythos 2 vers 4 200 €, et un Fiorenzato F64 Evo fait un travail honnête à 1 300 €.

Le constat sans détour : vos clients ne font pas la différence entre une machine à 20 000 € et une machine à 6 000 €. Votre barista, si, et votre facture d'entretien aussi. Prenez la machine de milieu de gamme, mettez la différence dans un moulin qui tient sa dose, et gardez le reste sur le compte. La régularité du moulin se voit dans la tasse bien plus que la marque de la chaudière.

Le traitement de l'eau est la ligne que tout le monde coupe, et c'est la mauvaise. Une eau calcaire entartre une chaudière et transforme une machine à 8 000 € en réparation à 2 500 € en deux ans. Faites analyser votre eau — un test coûte quelques dizaines d'euros — puis dimensionnez le filtre sur le résultat.

L'occasion est parfaitement raisonnable pour les frigos, la plonge, la machine à glaçons et le petit matériel. Soyez plus prudent sur l'espresso. Une machine reconditionnée par un vrai réparateur avec garantie est une bonne affaire à 50 ou 60 % du neuf. Une machine trouvée en ligne sans historique d'entretien est un billet de loterie à 3 000 €.

Licences, formations, assurances

Ces montants varient plus d'une commune à l'autre que d'une région à l'autre. Traitez-les comme un ordre de grandeur et appelez tôt votre mairie et votre DDPP. Comptez 3 000 à 12 000 € pour l'ensemble avant ouverture, hors licence IV.

  • Création de la société (SASU, SARL, EURL) : frais de greffe environ 37 €, annonce légale 150 à 220 €, rédaction des statuts par un professionnel 500 à 2 000 €. L'immatriculation elle-même se fait gratuitement sur le guichet unique de l'INPI.
  • Formation hygiène HACCP 14 h : 200 à 400 €, obligatoire en restauration commerciale.
  • Déclaration d'activité à la DDPP (Cerfa n° 13984 si produits d'origine animale) : gratuite.
  • Permis d'exploitation : formation de 20 heures sur 2,5 jours, 400 à 700 €. Obligatoire dès que vous vendez de l'alcool, même une bière.
  • Licence de débit de boissons : pour du café, du thé et des sodas, aucune licence n'est nécessaire. Pour la bière et le vin, il vous faut au minimum une licence III (ou une licence restaurant si l'alcool accompagne les repas). La licence IV ne se crée plus : elle se rachète ou se transfère, et se négocie couramment 5 000 à 25 000 € selon la région. Ajoutez la déclaration d'ouverture en mairie, à déposer au moins 15 jours avant.
  • Dossier d'accessibilité ERP et registre public d'accessibilité : obligatoires, gratuits à constituer, mais les travaux qu'ils impliquent ne le sont pas.
  • Déclaration préalable d'enseigne en mairie, plus la taxe locale sur les enseignes (TLPE) si votre commune l'applique : souvent exonérée sous 7 m² d'enseigne, sinon comptez quelques dizaines d'euros par m² et par an.
  • Autorisation d'occupation temporaire pour une terrasse : redevance communale très variable, de 20 à plus de 200 € par m² et par an selon la ville.
  • SACEM et SPRÉ pour la musique : 800 à 1 800 € par an pour un café, selon la surface, la zone et les horaires.
  • Relecture du bail par un avocat : 500 à 2 000 €.

Cette dernière ligne est le meilleur argent de la liste. Un bail commercial vous engage sur trois, six ou neuf ans, souvent avec une caution personnelle. Deux heures d'avocat peuvent supprimer une clause qui vous aurait coûté 40 000 €.

L'assurance multirisque professionnelle pour un petit café coûte 1 200 à 3 500 € par an. Demandez explicitement la garantie bris de machine : elle est peu chère et elle couvre la machine à espresso, ainsi que la perte de marchandises en cas de panne d'un frigo.

Les règles et les tarifs évoluent chaque année. Faites confirmer vos chiffres par votre mairie, votre DDPP et un expert-comptable avant de figer votre budget.

Loyer, dépôt de garantie et les mois payés pour rien

Le loyer commercial pour un café va de 150 à 500 € par m² et par an en province, 500 à 1 500 € dans les rues passantes des grandes villes, et bien davantage sur les emplacements parisiens n° 1.

Un local de 80 m² à 300 €/m²/an coûte 24 000 € par an, soit 2 000 € par mois, plus les charges. Le bailleur demande en général le premier mois plus un dépôt de garantie de trois mois de loyer, donc 6 000 à 10 000 € tombent le jour de la signature.

Deux points de vigilance très français sur les charges. Depuis la loi Pinel, le bail doit contenir un inventaire limitatif et précis des charges refacturées, et les grosses réparations de l'article 606 du code civil restent à la charge du bailleur — toiture, murs porteurs, gros œuvre. Un bail qui vous les transfère est contestable. Faites-le vérifier.

Vient ensuite la partie que personne ne budgète. Autorisations, chantier et visites de contrôle prennent trois à six mois, et vous payez le loyer pendant chacun d'eux. Soit 6 000 à 12 000 € de loyer pour 0 € de recettes.

Deux choses à négocier durement, avant de signer :

  1. Une franchise de loyer pendant les travaux. Trois à six mois est courant. Demandez-la. Beaucoup de bailleurs préfèrent l'accorder plutôt que de perdre un preneur.
  2. Une participation du bailleur aux travaux, ou une franchise plus longue en échange d'un engagement ferme sur six ou neuf ans. Ça ne se propose jamais spontanément.

Gardez le loyer et les charges sous 10 % de votre chiffre d'affaires HT prévisionnel. Sous 8 %, vous respirez. Au-dessus de 12 %, vous travaillez pour votre bailleur.

Caisse, paiements et informatique

L'informatique est une petite ligne à l'ouverture et une ligne permanente ensuite. Regardez les deux.

  • Matériel de caisse : 700 à 2 500 € par poste (tablette, support, tiroir-caisse, imprimante à tickets). Un poste suffit à un petit café, deux dès que ça pousse.
  • Logiciel de caisse : 0 à 150 € par mois et par poste. C'est la seule ligne ici qui peut honnêtement tomber à 0 € — plusieurs plateformes ne facturent plus le logiciel. Attention cependant à une obligation française : votre logiciel de caisse doit être certifié (article 286-I-3° bis du CGI), et depuis la loi de finances 2025 la simple attestation de l'éditeur ne suffit plus, il faut une certification par un organisme accrédité comme NF525 ou le LNE. L'amende est de 7 500 € par logiciel non conforme. Demandez le certificat, pas une promesse, et faites confirmer la date d'entrée en vigueur applicable à votre situation. On a décortiqué le marché dans ce que coûte vraiment un logiciel de caisse, et expliqué ce que « caisse gratuite » veut dire pour un petit café.
  • Encaissement carte : environ 1,0 à 1,8 % du montant plus 0,05 à 0,10 € par transaction pour un commerce de proximité, plus 15 à 35 € par mois de location de terminal. À 30 000 € de ventes carte par mois, ça fait 330 à 590 € par mois. Cette ligne ne disparaît jamais, et elle est plusieurs fois plus lourde que votre logiciel.
  • Musique : SACEM et SPRÉ, 800 à 1 800 € par an. Un abonnement professionnel type Soundtrack Your Brand couvre une partie des droits mais ne remplace pas la déclaration — vérifiez ce que votre contrat couvre exactement.
  • Internet professionnel : 30 à 60 € par mois.
  • Balance, imprimante d'étiquettes, ardoise ou écran de carte : 500 à 3 500 € selon que vous partez sur du numérique ou de la craie.

Stock d'ouverture et salaires avant ouverture

Le stock de démarrage d'un petit café représente 3 000 à 6 000 €.

Le café en est la plus petite part. Un établissement qui sert 150 boissons par jour consomme environ 18 à 28 kg de grains par semaine. Le café de spécialité en gros coûte 18 à 32 € le kilo en 2026, donc deux semaines de stock représentent 650 à 1 800 €. Tout le reste — lait, sirops, gobelets, couvercles, manchons, pâtisseries, produits d'entretien, sachets de café à la vente — constitue les 2 500 à 4 500 € restants.

Ajoutez ensuite les salaires versés avant la première recette. Il faut trois à cinq baristas formés pendant une à deux semaines : réglage des extractions, apprentissage de la carte, services à blanc avec les proches. Budgétez 3 000 à 8 000 € de masse salariale avant ouverture. Sauter cette étape, c'est transformer une ouverture douce en huit minutes d'attente par commande et un premier avis catastrophique.

La trésorerie de sécurité : le chiffre qui tue les projets

Gardez de quoi couvrir six mois de déficit après l'ouverture. Pour un petit café, c'est 35 000 à 70 000 €.

C'est la ligne que les débutants sacrifient quand le chantier dérape, et c'est la raison pour laquelle la plupart des fermetures arrivent entre le septième et le quatorzième mois. Pas à cause du café. Pas à cause de l'emplacement. Simplement parce qu'il ne restait plus de trésorerie quand un février calme est arrivé.

Voici à quoi ressemblent les charges fixes mensuelles d'un petit café :

Charge fixe mensuelle Montant
Loyer et charges 2 200 €
Masse salariale (2,5 ETP, charges comprises) 6 800 €
Énergie et eau 900 €
Assurance 250 €
Logiciels, SACEM, abonnements 200 €
Entretien, nettoyage, divers 400 €
Remboursement d'emprunt ou crédit-bail 1 500 €
Total 12 250 €

Soit environ 73 500 € pour six mois de fonctionnement. Votre réserve n'a pas à tout couvrir — les ventes couvrent l'essentiel — mais elle doit combler le trou de vos mois les plus creux sans que vous touchiez à la paie.

Trois budgets complets

Des chiffres concrets pour trois trajectoires réelles.

Poste Triporteur Petit café, local aux normes Petit café, local brut
Travaux 0 € 38 000 € 130 000 €
Matériel 14 000 € 34 000 € 52 000 €
Mobilier et agencement 0 € 15 000 € 32 000 €
Licences, formations, juridique 2 000 € 5 500 € 9 000 €
Dépôt de garantie et loyers avant ouverture 1 200 € 11 000 € 20 000 €
Caisse et informatique 1 000 € 2 500 € 4 000 €
Enseigne et identité visuelle 1 500 € 7 000 € 13 000 €
Stock d'ouverture 1 500 € 4 000 € 5 500 €
Salaires et formation avant ouverture 1 200 € 4 500 € 8 000 €
Trésorerie de sécurité (6 mois) 6 000 € 32 000 € 55 000 €
Total 28 400 € 153 500 € 328 500 €

Côté financement, une banque française attendra un apport de 20 à 30 % du projet. Le reste se monte avec un prêt professionnel sur 5 à 7 ans, souvent adossé à une garantie Bpifrance qui réduit la caution personnelle demandée. Complétez avec un prêt d'honneur à taux zéro d'Initiative France ou du Réseau Entreprendre (5 000 à 50 000 € selon les réseaux), qui a l'avantage de compter comme des fonds propres aux yeux de la banque. Pensez aussi à l'ACRE pour alléger vos cotisations la première année, si vous y êtes éligible.

Les taux bougent : un prêt professionnel se situait autour de 4 à 6 % ces derniers mois, à confirmer au moment de votre montage. Financer 50 000 € de matériel sur 60 mois à 5 % coûte environ 943 € par mois. Le crédit-bail est une alternative fréquente sur la machine à espresso — pratique pour la trésorerie, plus cher au total, et souvent irrévocable, donc lisez la durée d'engagement avant de signer.

Ce que rapporte réellement une tasse

Le café affiche parmi les meilleures marges de la restauration. Voici un latte de 30 cl vendu 4,50 € TTC, aux coûts de gros 2026.

Premier réflexe français, et il change tout : raisonnez en HT. À 10 % de TVA (consommation immédiate), 4,50 € TTC font 4,09 € HT.

Composant de coût Montant
18 g d'espresso (café à 24 €/kg) 0,43 €
25 cl de lait entier (1,15 €/L) 0,29 €
Gobelet, couvercle, manchon 0,22 €
Sirop, touillette, marge de perte 0,08 €
Coût produit total 1,02 €
Marge brute sur le HT 3,07 € (75 %)

Les boissons tournent entre 75 et 85 % de marge brute. Les pâtisseries achetées à un fournisseur font 45 à 60 %. Les sachets de café vendus à emporter, 35 à 50 %. Mélangez le tout et un café bien tenu atterrit à un ratio matière de 25 à 32 %.

Attention à la TVA, parce que c'est un vrai piège de rentabilité. Une boisson consommée sur place ou dans un gobelet jetable relève de 10 %. Un produit à emporter dans un contenant qui permet sa conservation relève souvent de 5,5 %. L'alcool est à 20 % dans tous les cas. Si votre caisse ne ventile pas correctement ces taux, votre marge affichée est fausse et votre déclaration aussi. C'est l'un des premiers points regardés en cas de contrôle.

Un mot sur le lait d'avoine. Il coûte 2,20 à 3,00 € le litre en gros contre 1,15 € pour le lait entier, donc un latte végétal vous coûte environ 0,35 € de plus. Si 35 % de vos boissons sont au lait végétal et que vous ne facturez rien, vous offrez environ 0,12 € par boisson sur toute la carte. La plupart des cafés facturent 0,30 à 0,60 € de supplément, ou l'intègrent au prix de base. Choisissez, mais ne l'ignorez pas. La même logique vaut pour chaque ligne de votre carte : si vous n'avez jamais fait le calcul produit par produit, notre guide sur le calcul du coût d'un plat fonctionne exactement pareil pour les boissons.

À partir de quand êtes-vous rentable ?

Reprenez les charges fixes ci-dessus — 12 250 € par mois — et une marge sur coût variable moyenne de 72 % après ratio matière.

Seuil de rentabilité = 12 250 € ÷ 0,72 = 17 014 € HT par mois.

Soit environ 18 700 € TTC, ou 720 € TTC par jour sur 26 jours d'ouverture. Avec un ticket moyen de 5,80 €, il vous faut environ 125 tickets par jour pour couvrir l'ensemble. Un indépendant qui tourne bien à 200 tickets par jour réalise environ 30 000 € TTC par mois, soit 360 000 € par an.

Le résultat net réaliste d'un café indépendant bien géré se situe entre 4 et 10 % du chiffre d'affaires. Sur 360 000 €, ça fait 14 000 à 36 000 € — avant de vous verser un vrai salaire de gérant si vous êtes derrière le bar. Le retour sur investissement prend en général trois à cinq ans.

Deux ratios à surveiller chaque semaine : masse salariale sous 35 % du chiffre d'affaires HT et ratio matière sous 30 %. Si les deux tiennent, l'affaire fonctionne. Si l'un des deux dérive vers 40 %, le bénéfice disparaît, quelle que soit la qualité du café.

Où les débutants gaspillent le plus

  • Prendre un local brut pour économiser sur le loyer. 50 €/m² de loyer en moins font économiser 4 000 € par an. Le chantier coûte 90 000 € de plus. Ce calcul ne tombe jamais juste.
  • Acheter la machine vitrine. 20 000 € au lieu de 6 000 €, ce sont 14 000 € de trésorerie que vous auriez pu garder.
  • Trop de places assises. Chaque place consomme des m², et les m² sont du loyer à vie. Un café de 70 m² avec 18 places gagne souvent plus qu'un café de 130 m² avec 45.
  • Du sur-mesure partout. Agencement, carrelage, luminaires. Chaque pièce unique ajoute des semaines au chantier, et les semaines coûtent du loyer.
  • Ne pas demander de franchise de loyer. C'est de l'argent gratuit qui n'apparaît que si vous le demandez avant de signer.
  • Une carte trop large pour être exécutée. Chaque sirop supplémentaire est un stock qui se périme. Douze boissons servies vite battent trente servies lentement.
  • Sacrifier la trésorerie de sécurité. Tout le reste se rattrape. Pas ça.

Cinq façons de retirer 50 000 € de votre budget

  1. Prenez un local déjà exploité en restauration. Le plus gros levier, de loin : 50 000 à 100 000 €.
  2. Achetez le froid en reconditionné. Frigos, machine à glaçons, plonge, lave-verres : 6 000 à 12 000 € économisés sans inconvénient.
  3. Renoncez à la cuisson chaude au lancement. Pas de hotte, pas d'extinction, pas de conduit en toiture : 15 000 à 45 000 € et plusieurs mois d'instruction économisés. Vous ajouterez le chaud en année deux, quand vous connaîtrez votre flux.
  4. Faites faire l'agencement par un menuisier local, pas par un agenceur spécialisé : 25 à 40 % de moins sur les mêmes plans.
  5. Négociez une franchise de loyer pendant les travaux. Quatre mois à 2 200 €, ce sont 8 800 € que vous gardez.

Faites-en trois sur cinq et un projet à 250 000 € devient un projet à 170 000 €. Même café. Même tasse.

Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un café avec 50 000 € ? Oui, en triporteur, en remorque ou en petit corner. Non, pour un café assis avec un bail et des travaux. Qui vous vend un projet en dur à 50 000 € oublie la trésorerie de sécurité.

Combien coûte vraiment la machine à espresso ? 4 500 à 16 000 € neuve pour une 2 groupes sérieuse, ou 2 000 à 7 000 € reconditionnée avec garantie. Elle représente en général 5 à 10 % de votre budget total, pas la ligne principale que tout le monde imagine.

Faut-il une licence pour ouvrir un café ? Pas pour vendre du café, du thé et des sodas. Dès que vous servez de l'alcool, il faut un permis d'exploitation et une licence de débit de boissons, plus une déclaration en mairie 15 jours avant l'ouverture. La licence IV ne se crée pas, elle se rachète.

Vaut-il mieux reprendre un fonds de commerce ? Souvent oui pour la vitesse et la clientèle existante. Mais vous reprenez aussi les contrats de travail en cours, l'ancienneté des salariés et parfois un bail mal négocié. Faites auditer le fonds et le bail avant de signer.

Faut-il un business plan ? Pour une banque ou un réseau de prêt d'honneur, oui, avec trois ans de prévisionnel. Pour vous, deux chiffres suffisent : votre nombre de tickets quotidiens à l'équilibre et votre réserve de six mois. Si vous ne savez pas les défendre, le reste du dossier ne sauvera rien.

Quel est le moyen le plus rapide d'ouvrir ? Un triporteur ou une remorque, en 2 à 4 mois. Un café en dur prend 4 à 14 mois depuis la signature du bail, et le retard vient presque toujours des autorisations, pas du chantier.


Le résumé honnête : votre café coûte ce que coûtent vos travaux, plus six mois d'argent pour survivre. Le matériel est la partie sur laquelle vous allez le plus vous passionner et celle qui pèse le moins dans le budget.

Alors travaillez à l'envers. Choisissez un format, trouvez un local déjà aux normes, obtenez un devis d'entreprise avant de signer le bail, et gardez une réserve à laquelle vous refusez de toucher. Ensuite, achetez la machine de milieu de gamme, un moulin meilleur que nécessaire, et allez faire du café. Les établissements qui durent ne sont pas les plus beaux à l'ouverture. Ce sont ceux qui étaient encore ouverts au quatorzième mois.

Vous payez encore votre logiciel de restaurant ?

Passez au gratuit

Arrêtez les frais mensuels. Tabres vous donne tous les outils pour gérer votre établissement - 100 % gratuit.