Vendre son pain au levain fait maison : le guide complet (2026)

Tabres Team
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Le pain est l'un des produits les plus simples à vendre légalement depuis une cuisine à domicile. Pas de froid obligatoire, pas de produit d'origine animale dans une recette classique, pas d'équipement que vous ne possédez pas déjà — un sac de farine, du sel, de l'eau et un levain qui ne coûte rien à entretenir.

Réponse courte : pour vendre du pain au levain depuis chez vous en France, il vous faut quatre choses — une entreprise immatriculée avec la qualification professionnelle requise pour la boulangerie, une déclaration d'activité, un prix construit sur votre vrai coût par miche (en général 5,50 à 8 €), et un système de précommande avec retrait pour cuire un nombre connu plutôt que de deviner. La plupart des boulangers amateurs réussissent les deux premiers points, improvisent le troisième, et sautent complètement le quatrième — puis se demandent pourquoi ils sont épuisés avec six miches invendues un samedi après-midi.

Voici la partie que personne ne dit à voix haute : votre pain est probablement déjà assez bon. Le difficile, ce n'est pas la mie. C'est la place au réfrigérateur, le calcul du prix, et trouver 20 personnes qui achètent chaque semaine.

Est-ce légal de vendre son pain fait maison ?

Oui. Le règlement européen (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre III autorise explicitement la production alimentaire dans un logement privé. Il n'existe aucune liste d'aliments interdits et aucun plafond de chiffre d'affaires propre à l'alimentaire. Si vous avez lu des guides américains sur les « cottage food laws », oubliez-les : rien de tout ça ne s'applique ici.

Ce qu'il vous faut vraiment tient en quatre points.

1. Une entreprise immatriculée. Le plus simple est le statut de micro-entrepreneur, via le guichet unique de l'INPI. C'est gratuit et vous obtenez un SIRET en quelques jours à quelques semaines. La fabrication de pain est une activité artisanale : vous serez rattaché à la chambre de métiers et de l'artisanat.

2. La qualification professionnelle. C'est le vrai sujet en France, et aucun article anglophone ne le mentionne. L'article 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 réserve la fabrication de produits frais de boulangerie et de pâtisserie aux personnes titulaires d'un CAP ou d'un diplôme équivalent, ou justifiant de trois ans d'expérience professionnelle dans le métier, ou travaillant sous le contrôle effectif d'une personne remplissant l'une de ces conditions.

Ce n'est pas une formalité et ce n'est pas non plus un mur infranchissable. Trois choses à savoir :

  • Le CAP Boulanger en candidat libre est une voie très empruntée par les reconversions. Comptez plusieurs mois de préparation et une inscription auprès de l'académie.
  • Les trois ans d'expérience peuvent avoir été acquis comme salarié dans n'importe quel pays de l'Union européenne.
  • L'appréciation se fait au cas par cas par la chambre de métiers, et le contour exact de « produits frais de boulangerie » se discute.

Ne devinez pas et ne renoncez pas non plus : appelez votre CMA, décrivez précisément votre projet, et demandez la réponse par écrit. C'est un coup de fil de dix minutes qui vous évite une très mauvaise surprise dans deux ans.

3. Une déclaration d'activité à la DDPP. Toute activité alimentaire se déclare. Bonne nouvelle spécifique au pain : une recette classique — farine, eau, sel, levain — ne contient aucun produit d'origine animale, donc le formulaire Cerfa n° 13984 ne s'impose pas. Ajoutez du beurre, du lait ou des œufs (brioche, pain de mie, focaccia au fromage) et il redevient nécessaire.

4. Un plan de maîtrise sanitaire (PMS). Votre HACCP écrit : traçabilité des lots de farine, plan de nettoyage, gestion des allergènes, marche en avant. C'est le premier document qu'un contrôleur demande. La formation hygiène de 14 heures (200 à 400 €) s'impose en restauration commerciale ; pour une activité de fabrication, demandez à votre DDPP — et suivez-la de toute façon si vous partez de zéro.

Une dernière subtilité qui vaut le détour. La loi n° 98-135 du 25 mai 1998 réserve les appellations « boulanger » et « boulangerie » aux professionnels qui, sur le lieu de vente, pétrissent la pâte, en assurent la fermentation et la cuisent. Le pain congelé à un stade quelconque du process en est exclu. Si vous pétrissez, faites lever et cuisez chez vous, vous faites exactement ce que la loi décrit — mais l'usage de l'enseigne reste encadré, donc vérifiez le libellé de votre communication avec votre CMA avant de peindre « Boulangerie » sur une camionnette.

« Pain au levain » est une appellation réglementée

Voici la spécificité française que la plupart des microboulangeries ignorent, et elle vaut la peine d'être connue.

Le décret n° 93-1074 du 13 septembre 1993 définit précisément le levain et l'appellation « pain au levain ». Pour porter cette mention, le pain doit être fabriqué à partir d'un levain — une culture de flore naturelle acidifiante — et sa mie doit présenter un pH inférieur ou égal à 4,3 et une teneur en acide acétique endogène d'au moins 900 ppm.

En pratique, un vrai pain au levain conduit correctement respecte ces valeurs sans effort. Mais si votre process est court, très peu acide, ou aidé par de la levure de boulangerie, la mention devient discutable. Les alternatives honnêtes et parfaitement vendeuses : « pain de campagne », « pain au levain naturel » si vous êtes sûr de vos valeurs, ou simplement « miche » avec la description de votre process.

Le même décret encadre le « pain de tradition française », qui interdit toute congélation à un stade quelconque de la fabrication et limite strictement les adjuvants. Si vous vendez de la baguette, c'est la mention qui compte.

Pour le cadre général, on le déroule dans la légalité de la vente alimentaire à domicile et les démarches pour vendre depuis chez soi.

Ce que vous pouvez et ne pouvez pas mettre dedans

La pâte ne pose aucun problème. Ce sont les inclusions qui changent votre catégorie.

Sans complication : graines, fruits à coque, olives, herbes séchées, fruits secs, ail rôti, fromages à pâte dure cuits dans la mie, chocolat, sucre-cannelle.

Plus exigeant : fourrages à base de crème ou de fromage frais, fruits frais, crème pâtissière, garnitures à base de viande, pains fourrés au fromage qui doivent rester au froid — et l'ail dans l'huile, un vrai risque de botulisme qui surprend beaucoup de monde.

La règle simple : si le pain fini doit vivre au réfrigérateur, vous avez changé de métier — il vous faut une chaîne du froid et une DLC justifiée, pas juste un sac en papier. Focaccia, bagels, pain de mie, petits pains, levain déshydraté et crackers de rebuts restent tous du côté simple.

L'étiquette et l'information du client

Deux situations juridiques différentes, et beaucoup de gens les confondent.

Vous ensachez et étiquetez à l'avance : votre pain est un produit préemballé. L'étiquette complète du règlement INCO (UE) n° 1169/2011 s'applique — dénomination de vente, liste d'ingrédients par ordre décroissant, allergènes mis en évidence, quantité nette, DDM, conditions de conservation, numéro de lot, nom et adresse de l'exploitant.

Vous remettez la miche dans un sac au moment de la vente : c'est une denrée non préemballée. Les obligations sont plus légères mais réelles : la dénomination de vente, l'affichage du prix, et surtout l'information allergènes par écrit.

Sur ce dernier point, la France est plus stricte que la plupart des pays européens. Le décret n° 2015-447 et l'arrêté du 8 octobre 2015 imposent, pour les denrées non préemballées, une information écrite, avant la prise de commande, sans que le client ait à la demander, sur un support visible et accessible. « Demandez-moi » ne suffit pas. Une ardoise, une fiche plastifiée sur la table de retrait, ou une page de carte digitale font parfaitement l'affaire.

Le pain au levain classique contient du gluten (blé, seigle, épeautre). Un pain aux graines contient souvent du sésame. Une brioche ajoute œufs et lait. Écrivez-le.

Une ligne à ajouter même quand elle n'est pas obligatoire : « Fabriqué dans une cuisine qui manipule également fruits à coque, lait, œufs et sésame. » Si un client vous pose la question allergène pendant que vous lui tendez quatre miches dans une allée, la réponse doit être imprimée, pas récupérée de mémoire. C'est le risque le plus réel de la vente alimentaire à domicile, et c'est celui qui met fin à des activités.

Ce que coûte le démarrage

Une microboulangerie est vraiment peu chère à équiper. Voici la vraie liste.

Poste Coût Remarque
Cocottes en fonte (2) 80 – 180 € Votre cadence est limitée par elles. Deux est le minimum
Bannetons (8 à 12) 80 – 160 € 8 à 15 € pièce. Achetez-en plus que prévu
Balance de précision (0,1 g) 25 – 45 € Non négociable. Le volume, c'est deviner
Bacs à pâte 30 – 70 € 6 ou 12 litres, avec couvercle
Corne, lame de lamage, thermomètre 30 – 55 €
Sacs papier et étiquettes 40 – 90 € Un sac papier coûte 0,12 à 0,35 €
Formation hygiène HACCP 14 h 200 – 400 € Selon votre situation
Immatriculation et déclaration DDPP Gratuit
Assurance responsabilité civile professionnelle 150 – 400 € / an Exigée sur un marché, très recommandée sinon

Total pour démarrer : environ 450 à 1 200 €, et moins si votre cuisine est déjà équipée.

Deux investissements viennent ensuite, dans cet ordre. Un réfrigérateur professionnel d'occasion (250 à 700 € sur le marché de la seconde main) — parce que c'est le froid, pas le four, qui plafonne réellement votre production. Puis une plaque de cuisson en acier ou une pierre avec un système de buée (60 à 150 €), qui vous permet de cuire quatre à six pains à la fois au lieu de deux.

Combien vendre une miche de pain au levain

Les boulangers à domicile sous-facturent plus que n'importe quel autre vendeur alimentaire. Ça arrive parce que les ingrédients paraissent bon marché, et parce que faire payer ses amis met mal à l'aise. Réglons ça avec de l'arithmétique.

Ce que vous coûte vraiment une miche

Pour une miche de 900 g utilisant environ 500 g de farine :

  • Farine : 0,70 à 1,40 € selon la qualité (une T80 bio de meunier tourne entre 1,40 et 2,80 € le kilo)
  • Sel et le levain que vous nourrissez : 0,10 à 0,25 €
  • Énergie : 0,25 à 0,60 € pour un four domestique qui tourne chaud une heure
  • Emballage : 0,25 à 0,60 € pour le sac, l'autocollant et l'étiquette
  • Inclusions, s'il y en a : 0,40 à 2,00 €

Coût par miche nature : environ 1,40 à 2,60 €. Et ce, avant de vous payer un centime.

Le prix

Une miche nature de 800 g à 1 kg se vend 5,50 à 8 € en microboulangerie en 2026, et les pains spéciaux 7 à 12 €. Focaccia et pains de mie se situent dans la même fourchette.

La règle du secteur en boulangerie-pâtisserie : matières + emballage doivent représenter environ 25 à 30 % du prix de vente. Une miche qui vous coûte 2 € vaut donc un prix de 7 €. À 4,50 €, vous tenez une œuvre de charité très fatigante.

Et voici la partie qui pique — votre temps est le vrai coût. Une fournée de 20 miches représente environ 6 heures de travail effectif réparties sur deux jours, plus la remise en main propre. À 7 € la miche, c'est 140 € brut, peut-être 100 € après matières et emballage, pour 6 à 8 heures. Soit autour de 14 € de l'heure avant cotisations. Correct pour une activité d'appoint. Pas correct à 4,50 € la miche. Notre guide du coût de revient donne un modèle si vous voulez faire vos propres chiffres proprement.

N'oubliez pas les cotisations : en micro-entreprise, comptez autour de 12,3 % du chiffre d'affaires encaissé en vente de marchandises, plus la CFE à partir de la deuxième année. Et si vous facturez la TVA, le pain relève du taux réduit de 5,5 %, parce qu'il s'agit d'un produit alimentaire destiné à être conservé.

Trois décisions de prix qui fonctionnent

  • Des chiffres ronds ou des demis. 6 €, 7 €, 8,50 €. Les centimes ralentissent une remise en main propre, et personne sur un pas de porte n'a envie d'attendre la monnaie.
  • Posez un produit cher sur la liste. Un pain aux olives et romarin à 11 € rend la miche nature à 7 € évidente. Il n'a pas besoin de se vendre souvent.
  • Augmentez entre deux saisons, jamais en milieu de semaine. Si vous êtes en rupture en moins de deux heures, trois semaines de suite, vous êtes trop bon marché. La solution est un prix, pas une nuit plus longue.

La vente à un café ou une épicerie est un autre calcul. Comptez 50 à 60 % de votre prix public — environ 3,50 à 4,20 € pour une miche que vous vendez 7 €. Ça ne fonctionne que si vous produisez assez pour que le volume compense l'écart. Bonne nouvelle sur le plan réglementaire : le pain nature est un produit d'origine végétale, donc la question de l'agrément sanitaire ne se pose pas. Ce que le café vous demandera, en revanche, c'est une attestation d'assurance et une facture en règle.

Combien de miches un four domestique peut-il vraiment produire ?

C'est le chiffre qui décide de toute votre activité, et presque personne ne le calcule avant de prendre des commandes.

Avec deux cocottes : un cycle de cuisson prend 45 à 55 minutes, remontée en température comprise. Ça fait environ 2 miches par heure, donc 10 à 12 miches dans une matinée est un plafond confortable.

Avec une plaque en acier et un système de buée : 4 à 6 miches par fournée, environ 35 à 40 minutes par cycle. Vous montez à 20 à 30 miches dans une matinée.

Mais le four n'est généralement pas le goulot d'étranglement. C'est le réfrigérateur. Les pâtons façonnés ont besoin d'une pousse longue au froid, et un réfrigérateur domestique accueille peut-être 8 à 12 bannetons si vous le videz complètement. C'est ça, votre vrai maximum hebdomadaire jusqu'à l'achat d'un deuxième frigo.

Faites ce calcul avant de promettre quoi que ce soit à qui que ce soit.

Un planning hebdomadaire compatible avec un travail

Voici le rythme classique d'une microboulangerie. Il est construit pour que les longues attentes se passent pendant que vous dormez.

Jeudi soir — Rafraîchir le levain. Prendre les commandes jusqu'à minuit, puis fermer le formulaire. C'est votre nombre, et tout le reste est construit dessus.

Vendredi matin — Frasage. Autolyse, puis ajout du sel et du levain.

Vendredi, 4 à 5 heures — Pointage avec rabats. C'est la partie que vous pouvez mener en faisant autre chose, tant que vous êtes dans le bâtiment.

Vendredi soir — Division, façonnage, bannetons, réfrigérateur. La pousse au froid fait le travail du goût pendant 12 à 18 heures.

Samedi, 5 h 00 — Four allumé. Cuisson par fournées toute la matinée.

Samedi, 9 h à 12 h — Créneau de retrait. Le pain a refroidi, les clients viennent à vous.

Deux choses que ce planning réussit. D'abord, la pousse au froid vous fait cuire sur un horaire, pas à 2 h du matin. Ensuite, vous avez fermé les commandes jeudi, donc vous pétrissez exactement la quantité vendue. Rien ne reste. Si vous voulez pousser le volume, la même logique de série s'applique — on l'a détaillée dans le batch cooking rentable.

Où vendre le pain concrètement

Cinq canaux. La plupart des boulangers à domicile qui réussissent en font tourner deux ou trois en même temps.

1. Le retrait sur précommande — commencez par là. Les clients commandent en semaine, vous annoncez un créneau, ils viennent chercher. Zéro temps de livraison, zéro perte, payé avant d'avoir pétri. C'est le modèle qui a fait exister les microboulangeries, et c'est toujours le meilleur en 2026.

2. L'abonnement hebdomadaire. Même pain, même jour, chaque semaine, réglé au mois. Vingt abonnés à 7 €, c'est 560 € par mois qui arrivent qu'il pleuve ou non. C'est la chose la plus précieuse que vous puissiez construire, et c'est ce qui transforme un loisir en revenu que vous pouvez anticiper.

3. Les marchés. Excellents pour se faire connaître, plus fatigants pour l'argent. Le pain est l'un des meilleurs produits de marché parce que les gens s'attendent déjà à en acheter là. N'oubliez pas la carte de commerçant ambulant si le marché est hors de votre commune. Tout est détaillé dans vendre sur un marché.

4. La vente à des cafés et des épiceries. Volume régulier, moitié du prix, et pas de contrainte d'agrément pour du pain nature. À envisager quand vous cuisez 40 miches sans stress. Prévoyez une facture, une attestation d'assurance et des horaires de livraison fiables.

5. La livraison locale. Un rayon serré, un jour par semaine, un minimum de deux miches. Ne roulez pas 25 minutes pour une seule vente à 7 €. Voici comment définir ses zones et ses montants minimum sans y laisser le carburant.

Trouver ses 20 premiers clients

Vingt clients réguliers, c'est tout le jeu. Ça fait 20 miches par semaine, environ 600 € par mois, et c'est complètement atteignable dans un quartier.

  • Offrez 10 miches la première semaine. Pas à des amis — aux voisins, à l'équipe de l'école, au barista du coin, au facteur. Collez un autocollant avec votre lien de commande. Le pain offert est le marketing le plus efficace du secteur alimentaire, parce que le pain se partage à table.
  • Publiez le geste, pas le produit. Une miche finie, tout le monde en a déjà vu. Une pâte façonnée à 6 h du matin, le lamage, le craquement au refroidissement — voilà ce que les gens regardent et partagent.
  • Rejoignez le groupe de quartier et publiez votre liste hebdomadaire le même jour, chaque semaine. La régularité bat la portée.
  • Soyez en rupture. Chaque semaine. Cuisez moins de miches que vous ne pouvez en vendre. La rareté fait plus pour une boulangerie que n'importe quelle publicité, et un « complet » est de la publicité gratuite pour la semaine suivante.
  • Posez une question à chaque acheteur : « on remet ça la semaine prochaine ? » C'est comme ça qu'un client devient un abonné.

Si vous voulez creuser cette étape, trouver des clients au-delà de ses proches traite le passage délicat — celui où vos amis ont tous acheté une fois et se sont arrêtés.

Prenez les commandes ailleurs que dans vos messages privés

À cinq miches par semaine, une note sur le téléphone suffit. À trente, ça s'effondre. Vous perdrez une commande dans un fil de commentaires, vous doublerez un créneau de retrait, et vous passerez plus de temps à répondre à « tu as quoi cette semaine ? » qu'à pétrir.

Ce dont vous avez besoin est modeste : un lien de carte qui s'ouvre sur un téléphone, un moyen de fermer les commandes quand vous atteignez votre capacité, et une liste de qui vient chercher quoi et quand.

Tabres est 100 % gratuit et fait exactement ça pour une boulangerie à domicile. Vous obtenez votre lien de carte et votre menu QR code avec photos, prix et formats, 15 allergènes déclarables par produit qui restent attachés à chaque ligne de commande — ce qui règle d'un coup l'obligation d'information écrite — et des commandes à emporter ou en livraison que vous activez jour par jour. Imprimez un QR code sur la table de retrait ou sur votre stand de marché : le générateur va de l'autocollant au format affiche, avec votre logo au centre. Sans abonnement, sans commission, sans carte bancaire. Voici pourquoi c'est gratuit.

Les erreurs des boulangers à domicile

  • Vendre à 4,50 € « parce que ça paraît juste ». Ce n'est pas juste — pour vous. Personne qui achète du pain au levain artisanal ne le compare à une baguette de supermarché.
  • Prendre des commandes sans date limite. Fermez le formulaire le jeudi soir. Une commande qui arrive le vendredi après-midi est un problème du samedi dont vous n'avez pas besoin.
  • Cuire plus que le frigo ne peut contenir. Comptez vos bannetons avant de compter vos clients.
  • Vendre du pain tiède. Il cuit encore à l'intérieur et il se tranche en pâte. Laissez refroidir au moins deux heures, et expliquez pourquoi — ça vous fait passer pour un professionnel.
  • Le sac plastique. Il ramollit une belle croûte en une heure. Papier pour le jour même, et expliquez la conservation.
  • Aucun conseil de conservation. Un pain au levain se garde 3 à 4 jours face tranchée contre la planche. Jamais au réfrigérateur — c'est là qu'il rassit le plus vite. Trancher et congeler pour plus longtemps. Imprimez-le sur le sac et vous éliminez la moitié des réclamations avant qu'elles n'existent.
  • Sauter les semaines creuses. Les semaines d'hiver sont molles. Les clients qui commandent en janvier sont ceux qui vous porteront toute l'année.
  • Ne jamais augmenter ses prix. La farine a augmenté. Votre miche aussi devrait. Annoncez une fois, deux semaines à l'avance, et passez à autre chose. Presque personne ne part. Ces erreurs classiques de la vente alimentaire à domicile viennent toutes du même endroit : traiter une entreprise comme un service rendu.

Questions fréquentes

Peut-on légalement vendre son pain fait maison ?

Oui. Le règlement (CE) n° 852/2004 autorise explicitement la production alimentaire dans un logement privé. Il faut immatriculer l'entreprise, déclarer l'activité à la DDPP, tenir un plan de maîtrise sanitaire, informer sur les allergènes par écrit — et satisfaire à la qualification professionnelle exigée pour la boulangerie : CAP ou équivalent, trois ans d'expérience, ou le contrôle effectif d'une personne qualifiée.

Combien vendre une miche de pain au levain ?

Une miche nature de 800 g à 1 kg se vend 5,50 à 8 € en microboulangerie en 2026, et les pains spéciaux 7 à 12 €. Une miche vous coûte environ 1,40 à 2,60 € en farine, énergie et emballage, alors visez matières + emballage autour de 25 à 30 % du prix.

Combien peut-on gagner en vendant son pain depuis chez soi ?

Vingt miches par semaine à 7 €, c'est environ 600 € par mois de chiffre d'affaires, soit à peu près 420 € après matières et emballage, avant cotisations. Une microboulangerie à plein temps qui cuit 150 à 300 miches par semaine peut dépasser 4 000 à 8 000 € de chiffre mensuel, mais il faut alors un vrai four, un réfrigérateur professionnel et, en général, de l'aide.

Faut-il un CAP pour vendre du pain ?

Pas nécessairement un CAP, mais une qualification. L'article 16 de la loi du 5 juillet 1996 exige un CAP ou un diplôme équivalent, ou trois ans d'expérience professionnelle dans le métier, ou de travailler sous le contrôle effectif d'une personne remplissant l'une de ces conditions. L'appréciation se fait au cas par cas : appelez votre chambre de métiers et demandez la réponse par écrit.

Peut-on écrire « pain au levain » sur son étiquette ?

Seulement si le produit respecte le décret n° 93-1074 : fabrication à partir d'un levain, mie à pH inférieur ou égal à 4,3 et teneur en acide acétique endogène d'au moins 900 ppm. Un vrai levain bien conduit y arrive naturellement. En cas de doute, « pain de campagne » ou « miche » sont des dénominations honnêtes et parfaitement vendeuses.

Que faut-il indiquer au client sur son pain ?

Si vous ensachez et étiquetez à l'avance, l'étiquette complète du règlement INCO s'applique. Si vous remettez la miche au moment de la vente, il faut au minimum la dénomination, l'affichage du prix, et l'information allergènes par écrit, avant la commande, sans que le client ait à la demander — c'est une exigence française plus stricte que dans la plupart des pays européens.

Combien de miches peut-on cuire dans un four domestique ?

Environ 10 à 12 dans une matinée avec deux cocottes, ou 20 à 30 avec une plaque en acier et un système de buée. En pratique, c'est votre réfrigérateur qui vous plafonne d'abord : un frigo domestique contient seulement 8 à 12 pâtons façonnés pour la pousse au froid.

Peut-on vendre son pain à un café ou une épicerie ?

Oui, sans agrément sanitaire pour du pain nature, qui est un produit d'origine végétale. Comptez 50 à 60 % de votre prix public. Ce que le professionnel vous demandera : une facture en règle, une attestation de responsabilité civile professionnelle, et une fiabilité de livraison sans faille.

Combien de temps un pain au levain reste-t-il bon ?

Trois à quatre jours à température ambiante, face tranchée contre une planche ou dans un sac papier. Ne le mettez jamais au réfrigérateur : c'est à cette température que le pain rassit le plus vite. Pour plus longtemps, tranchez et congelez. Écrivez-le sur le sac.

Est-ce encore un bon projet en 2026 ?

Oui. La demande de vrai pain n'a cessé de progresser depuis 2020, les prix en grande surface montent, et une microboulangerie n'a presque aucun coût fixe à porter. C'est l'une des rares activités alimentaires qu'on peut lancer pour moins de 1 200 € et rendre rentable dès le premier mois.


Le pain au levain fait partie des rares projets alimentaires où les barrières sont réellement basses et où le produit se vend tout seul. Réglez votre qualification et votre déclaration, calculez ce qu'une miche vous coûte vraiment, vendez-la 7 € plutôt que 4,50 €, et prenez des précommandes pour ne jamais cuire un pain que personne n'a acheté. Puis construisez vers 20 habitués qui organisent leur semaine autour de votre fournée. Les boulangers qui gagnent vraiment leur vie ne sont pas ceux qui ont la mie la plus alvéolée — ce sont ceux qui ferment leurs commandes le jeudi soir et qui ont une liste de retrait complète chaque samedi.

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