Sur place, à emporter ou en livraison : configurer ses canaux de commande (2026)

Tabres Team
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La plupart des restaurants activent la vente à emporter et la livraison avec deux interrupteurs, recopient la carte de la salle dans les deux, et appellent ça une stratégie. Puis arrive le vendredi 19 h, et la cuisine produit pour trois salles avec un seul piano.

Réponse courte : sur place, à emporter et livraison ne sont pas trois versions de la même commande. Ce sont trois produits différents, avec des coûts différents, des clients différents, des points de rupture différents — et, en France, des taux de TVA différents. Configurez chacun séparément : ses horaires, sa carte, ses prix, son temps de préparation annoncé, et son plafond de commandes simultanées. L'à emporter est en général votre canal le plus rentable et celui que personne n'optimise. La livraison est le plus cher et demande les règles les plus strictes. Et la salle continue de payer les murs, parce que c'est le seul canal qui vend une deuxième tournée.

Le reste de cet article, c'est le paramétrage, canal par canal — quoi changer, quoi laisser tranquille, et ce qu'une commande dans chaque canal vous laisse vraiment.

Ce qu'est vraiment un canal de commande

Un canal de commande, c'est la façon dont la nourriture sort de votre établissement. C'est tout. Le reste découle de ce seul fait.

La plupart des systèmes en proposent quatre :

  • Sur place — le client s'assoit, l'équipe sert, l'assiette revient.
  • À emporter (click and collect) — le client commande à l'avance, passe prendre sa commande et la transporte lui-même.
  • En livraison — quelqu'un roule, et le chrono continue après le passe.
  • La commande à table — le client commande depuis son téléphone, en général avec un QR code sur la table. C'est du sur place, mais la prise de commande se fait sans serveur.

Ce quatrième point sème la confusion, alors traçons la ligne : la commande à table est une façon de prendre la commande. Sur place, à emporter et livraison sont des façons de la terminer. Un client peut scanner un QR code et choisir « à récupérer au comptoir » : c'est une commande à emporter passée en autonomie, et votre cuisine doit connaître les deux moitiés.

Trois canaux, trois métiers différents

Même cuisine, mêmes recettes, économie totalement différente. Voici ce qu'un panier de 40 € vous laisse vraiment.

Canal Le client paie TVA Coût matière + coût du canal Il vous reste Occupe une table ?
Sur place 40 € 3,64 € 10,91 € matière + 4,80 € service et plonge 20,65 € Oui, ~75 min
À emporter 40 € 3,64 € 10,91 € matière + 2,10 € emballage et comptoir 23,35 € Non
Livraison, livreur maison 44,99 € 4,09 € 10,91 € matière + 11,50 € par course 18,49 € Non
Plateforme, sans majoration 40 € 3,64 € 10,91 € matière + 1,80 € emballage + 12 € de commission 11,65 € Non
Plateforme, majoration 25 % 50 € 4,55 € 10,91 € matière + 1,80 € emballage + 15 € de commission 17,74 € Non

Hypothèses : TVA à 10 %, coût matière à 30 % du HT, 4,99 € de frais de livraison sur votre canal propre, environ 11,50 € de coût complet par course, et 30 % de commission plateforme. Vos chiffres seront différents. Faites le calcul quand même.

Regardez la deuxième ligne. L'à emporter conserve plus d'un panier de 40 € que le sur place, et il ne bloque pas une table pendant une heure et quart. C'est tout l'argument du click and collect en une phrase.

Maintenant l'objection honnête, parce que ce tableau cache quelque chose. Les additions en salle portent des boissons. Un demi à 6 € vous coûte environ 1,20 €. Une deuxième tournée, un dessert, un café : ce sont des articles à 80 % de marge, et un sac à emporter n'en contient presque jamais. Le sur place gagne donc sur la taille du panier, et l'à emporter sur le coût pour le servir.

Il vous faut les deux. Il faut juste arrêter de les traiter comme un seul.

L'à emporter, le canal que personne n'optimise

Tout le monde s'écharpe sur les plateformes de livraison. Pendant ce temps, le click and collect surperforme tranquillement, et la plupart des cuisines n'ont jamais ouvert ses réglages.

Réfléchissez à ce qu'est vraiment une commande à emporter. Pas de livreur. Pas de commission. Pas de table tournée. Pas de serveur qui fait huit allers-retours pour un couvert. Le client fait votre dernier kilomètre gratuitement — et il se déplace jusqu'à votre porte, où il sent l'odeur et voit l'ardoise du jour.

Pourtant, dans la plupart des restaurants, l'à emporter est configuré ainsi : même carte que la salle, mêmes prix, « environ 20 minutes » pour tout, et un sac posé au bout du bar avec un prénom griffonné dessus.

Cinq corrections qui prennent un après-midi :

  1. Annoncez un vrai temps de préparation par commande, pas un chiffre fixe. Deux burgers, c'est 12 minutes. Deux burgers un vendredi à 20 h, c'est 25. Annoncer court n'accélère pas la cuisine — ça met juste un client agacé dans votre entrée.
  2. Donnez un nom et un numéro à chaque commande. En salle, on appelle par la table. À emporter, il faut le prénom du client et un numéro de commande, imprimés en gros. « Commande 47, Marie » vaut mieux que « le grand monsieur en veste bleue ».
  3. Créez un vrai point de retrait. Une étagère, un sac étiqueté, un endroit qui n'est pas la console de service. Si vos clients à emporter bloquent vos clients attablés, vous avez transformé une marge en réclamation.
  4. Emballez à un poste d'emballage, pas sur le passe. Mettre en sac au milieu du dressage, c'est comme ça que les frites finissent dans une assiette de la salle et que la sauce ne finit nulle part.
  5. Relisez le sac à voix haute. Dix secondes. Chaque article, à voix haute, contre le ticket. L'oubli d'un article est la première raison pour laquelle un client à emporter ne revient pas, et ça ne coûte rien à éviter.

L'à emporter est aussi l'endroit le plus sûr pour tester votre carte hors salle avant d'embaucher un livreur ou de signer avec une plateforme. Si un plat ne survit pas à dix minutes de voiture, il ne survivra certainement pas à un coursier et à un feu rouge.

Configurer la salle pour que les autres canaux ne la cassent pas

La salle tourne déjà, en général : il s'agit donc moins de « configurer » que de « resserrer avant d'ajouter de la charge ».

  • Chaque table a besoin d'une identité. Un numéro, un nombre de couverts, un rang. Si une table ne peut pas être nommée, une commande ne peut pas y être rattachée, et toutes les fonctions que vous activerez ensuite hériteront de ce désordre.
  • Un QR code par table, pas un code partagé. Un code unique supprime le numéro de table de la commande, et quelqu'un doit le remettre à la main — en général avec une assiette chaude dans l'autre. Nous avons expliqué pourquoi dans les QR codes par table.
  • Activez l'ajout à une commande ouverte. Un client qui peut ajouter un café à sa table ajoute un café. Un client qui doit faire signe à quelqu'un, souvent non.
  • Décidez de ce que veut dire chaque statut de table, et gardez les mêmes mots tout le service. Occupée, addition demandée, à redresser : si la moitié de l'équipe utilise l'écran et l'autre moitié la voix, l'écran raconte une fiction.
  • Surveillez votre temps de rotation avant d'activer la livraison. Si la salle est déjà en retard au coup de feu, un deuxième canal ne révélera pas le problème. Il le multipliera.

La commande à table se pose par-dessus tout ça. C'est la capacité la moins chère que vous ajouterez jamais — le client fait la saisie — mais seulement si l'identité des tables en dessous est propre.

Configurer la livraison pour qu'elle ne mange pas la cuisine

La livraison est le canal avec le plus de réglages, et celui où un mauvais paramètre coûte de l'argent tous les soirs.

Les quatre décisions, dans l'ordre :

  1. En direct, par plateforme, ou les deux. Les plateformes apportent de la visibilité et en prennent 25 à 35 %. Votre canal propre garde tout sauf les frais bancaires, et n'apporte personne. La plupart des indépendants font les deux volontairement : les plateformes pour être découverts, le direct pour les habitués. Si vous hésitez, nous avons fait la vraie arithmétique de la livraison par plateforme et un pas-à-pas sur la livraison en direct sans plateforme.
  2. Frais, commande minimum et zones. Ces trois chiffres décident si la livraison gagne de l'argent, et presque personne ne les calcule. Tout est détaillé dans comment fixer ses frais de livraison, minimums et zones. Version courte : couvrez 40 à 60 % de votre coût par course, calculez le minimum par formule, et tracez les zones en temps de trajet — jamais en cercle sur une carte.
  3. Ses propres horaires. La livraison ne doit pas recopier vos horaires d'ouverture. Elle doit prendre les heures creuses dont votre salle ne veut pas, et se retirer pendant les 90 minutes où votre ligne ne peut honnêtement pas produire pour deux salles. C'est un sujet à part entière : pourquoi les horaires de livraison ne doivent pas coller à ceux de la salle.
  4. Une heure limite de commande. 30 à 45 minutes avant la fermeture de la cuisine. Sans ça, quelqu'un commande un travers de porc quatre minutes avant l'heure et votre équipe part une heure plus tard.

Un dernier point qui paraît anodin et ne l'est pas : le ticket de livraison a besoin de l'adresse, du téléphone et de la consigne du coursier sur l'exemplaire livreur — et de rien de tout ça sur l'exemplaire cuisine. La cuisine a besoin des plats et des allergènes. Elle n'a pas besoin de l'adresse d'un client sur un écran que toute la salle peut voir. C'est aussi une bonne pratique RGPD : la donnée va à qui en a besoin, pas à tout le monde.

Les cinq réglages qui doivent différer selon le canal

Si vous ne changez rien d'autre après cet article, changez ces cinq-là. Les cloner d'un canal à l'autre est l'erreur de paramétrage la plus fréquente de la restauration.

1. Les horaires

La salle, le comptoir de retrait et la zone de livraison ne partagent pas la même horloge. Réglez-les par jour de semaine, pas une fois pour toutes. La livraison du dimanche et celle du mardi sont deux métiers différents.

2. La carte

Tous les plats ne doivent pas exister dans tous les canaux. C'est là qu'intervient le test du transport — voir la section suivante. Ce qui échoue reste un plat de salle, et c'est très bien. Une carte de livraison plus courte est plus rapide, voyage mieux et génère moins de remboursements.

Gardez aussi les disponibilités séparées. Vous pouvez être en rupture de bar pour la livraison et continuer à le servir en salle, parce que la salle le mange en 90 secondes.

3. Les prix

  • Sur place : votre référence.
  • À emporter : même prix. Ne punissez pas le canal qui vous coûte le moins.
  • Votre livraison en direct : une majoration de 10 à 15 % est courante et acceptée. Ajoutez les frais de livraison par-dessus, visiblement, sur la page de la carte — pas au dernier écran de paiement.
  • Plateformes : majorez de 20 à 30 %, sinon la commission sort directement de votre marge. Sachez simplement que certains contrats comportent des clauses de parité tarifaire : relisez le vôtre.

Ne noyez jamais tout le coût de la livraison dans les prix de la carte. Les clients comparent vos deux cartes, et ils le remarqueront.

4. Le temps de préparation annoncé

Un « 20 minutes » unique pour tout est une promesse que vous cassez toute la soirée. Le temps annoncé doit suivre la charge réelle de la cuisine. Quand vous êtes enterré, annoncez 40 minutes plutôt que de couper la livraison — un client à qui on a dit 40 et qui reçoit en 35 est content. Un client à qui on a dit 20 et qui attend 40 laisse un avis.

5. Un plafond de capacité

C'est le réglage que presque personne n'utilise, et c'est celui qui sauve le service. Décidez du nombre maximal de commandes par canal que votre cuisine peut absorber sur 15 minutes — disons six tickets salle, quatre retraits, trois livraisons. Au-delà, le canal passe à un temps annoncé plus long ou se met en pause dix minutes. On régule, on ne s'effondre pas.

La TVA : la partie ennuyeuse qui coûte le plus cher

En France, le même sandwich peut porter deux taux de TVA différents selon la façon dont il quitte votre établissement. Ce n'est pas un cas particulier — c'est la situation normale.

Et attention, le critère n'est pas celui qu'on croit. Ce n'est pas « sur place ou à emporter ». C'est « consommation immédiate ou conservation différée ».

  • Restauration sur place : 10 %.
  • Vente à emporter et livraison de produits destinés à une consommation immédiate : 10 % aussi. Un sandwich, une pizza chaude, une salade en barquette avec sa fourchette : 10 %, qu'ils soient mangés en salle ou dans la rue.
  • Produits alimentaires vendus dans un conditionnement permettant leur conservation : 5,5 %. Un bocal de confiture, un plat sous vide à réchauffer plus tard, un paquet de biscuits.
  • Boissons alcoolisées : 20 %, quel que soit le canal. Toujours.
  • Les frais de livraison suivent en principe le régime de la prestation principale, en tant qu'accessoire.

Conséquence très concrète : un même ticket peut porter trois taux, et un menu composé doit être ventilé. Un menu sandwich + boisson + dessert n'a pas un taux unique. Si votre caisse ne sait pas faire cette ventilation, vous facturez faux — dans un sens ou dans l'autre, et les deux coûtent cher.

Le point de paramétrage à retenir : votre système doit pouvoir appliquer une règle de TVA à un canal, et un taux à un produit à l'intérieur d'un canal. Vérifiez-le avant d'activer un canal, pas après votre première déclaration. Nous avons décortiqué tout le sujet dans la TVA sur place, à emporter et en livraison.

Les règles et la doctrine fiscale évoluent, et certains cas limites font débat. Faites valider votre paramétrage par votre expert-comptable une fois, sérieusement, plutôt que de recopier ce que fait le voisin.

Deux obligations françaises qui touchent directement vos canaux

Elles n'ont rien de fiscal, mais elles changent votre matériel et vos emballages.

La vaisselle réemployable est obligatoire pour la consommation sur place. Depuis le 1er janvier 2023, les établissements pouvant accueillir 20 couverts ou plus doivent servir la consommation sur place dans de la vaisselle réemployable — assiettes, gobelets, couverts. La vente à emporter reste en jetable, mais avec des restrictions croissantes sur le plastique à usage unique. Autrement dit : votre canal sur place et votre canal à emporter n'utilisent plus le même contenant, et c'est la loi qui l'impose.

Le doggy bag est obligatoire sur demande. Depuis le 1er juillet 2021, vous devez pouvoir fournir un contenant au client qui souhaite emporter ce qu'il n'a pas fini. Prévoyez le stock : c'est une commande à emporter qui naît d'une commande sur place, et elle a aussi besoin d'un contenant adapté.

Ajoutez à cela le tri à la source des biodéchets, obligatoire pour tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, sans seuil de tonnage. Plus vous montez en volume sur les canaux hors salle, plus vos déchets d'emballage et vos invendus augmentent.

Le test du transport : emballez, attendez douze minutes, mangez

Voici la décision de carte la moins chère que vous prendrez cette année.

Prenez un plat. Emballez-le exactement comme vous l'enverriez. Lancez un minuteur sur 12 minutes — un trajet de retrait réaliste, plus un ascenseur. Puis asseyez-vous et mangez-le, café froid compris.

Si vous ne paieriez pas pour ce qu'il y a dans cette boîte, ça n'a pas sa place sur votre carte hors salle.

Les échecs classiques :

  • Tout ce qui est frit et sauce ensemble — la panure devient de la pâte en quatre minutes
  • Les frites dans un sac fermé sans aération
  • Œufs pochés, soufflés, tout ce qui était minuté à la seconde
  • Les salades assaisonnées en cuisine
  • Les gratins et fromages fondus qui figent en plaque
  • Les glaces, sauf si vous avez résolu le problème du sac, et vous ne l'avez pas résolu

Les réussites classiques : braisés, mijotés, currys, viandes rôties, bowls de céréales, pizza avec un trou d'aération, tout ce qui était déjà bon à 60 °C, et tout ce dont la sauce voyage dans son propre pot.

Deux corrections règlent la majorité des échecs : séparez le mouillé du sec, et aérez le chaud. Sauce à part, frites dans leur étui ajouré, couvercle percé. Ça coûte des centimes et ça évite des remboursements — qui comptent, parce qu'un remboursement en livraison vous coûte la nourriture, le livreur et le client, d'un seul coup. Si vous en voyez beaucoup, les commandes incomplètes ont leur propre méthode.

Une cuisine, quatre sorties : le problème de séquencement

Tous les canaux se retrouvent au même endroit — le passe. C'est là que les bons paramétrages s'écroulent.

Le ticket doit dire comment la nourriture sort. Pas en petits caractères. En gros, en haut, visible d'un coup d'œil : sur place, retrait, livraison, commande à table. Parce que les mêmes trois plats se dressent de trois façons différentes selon ce mot, et un cuisinier qui dresse un burger de livraison sur une assiette chaude vient de perdre six minutes.

Donnez ensuite une seule règle de priorité à la ligne, et tenez-la. La plupart des cuisines arrivent à une version de ceci :

  1. Les plats d'une table déjà partiellement servie — personne ne mange seul à sa propre table
  2. La livraison, parce qu'un coursier attend et que le chrono tourne
  3. Le retrait, parce que le client marche et a quelques minutes de marge
  4. Les nouveaux tickets de salle

Discutez cet ordre si vous voulez. Ayez-en simplement un, et écrivez-le, sinon chaque ticket devient une négociation.

Routez par poste, pas par canal. Un plat de grillade va au grill, qu'il parte en sac ou en assiette — une seule cartographie, tous canaux confondus, paramétrée une fois. Ce qui change à la fin, c'est le dressage et l'emballage, pas la cuisson.

Et utilisez un cumul par produit. Quand vous voyez que la cuisine doit 14 portions de frites tous tickets ouverts confondus, quelqu'un en lance 14 d'un coup au lieu de les sortir trois par trois. C'est là que les cuisines multicanales gagnent ou perdent leur coup de feu.

Ce qu'il faut mesurer une fois les trois canaux lancés

Le chiffre d'affaires total ne dit presque rien quand trois canaux partagent une cuisine. Cinq chiffres, si.

À suivre Pourquoi c'est utile Fréquence
Mix de canaux — % du CA par canal Vous dit où est vraiment l'activité, pas où vous croyez qu'elle est Hebdo
Marge sur coûts variables par commande, par canal La seule comparaison honnête. Le CA ment, la marge non Mensuel
Ticket moyen par canal La livraison doit être le plus élevé. Sinon, votre minimum est trop bas Hebdo
Taux de remboursement et de refait, par canal Au-delà de 3 % en livraison, c'est un problème d'emballage ou de transport Hebdo
Temps de préparation, par canal Si les temps de retrait grimpent les soirs chargés, votre plafond est trop haut Hebdo

Un repère de départ pour un indépendant avec une salle : autour de 55 à 70 % sur place, 15 à 25 % à emporter, 10 à 20 % en livraison. Un mix très différent n'est pas forcément faux — une adresse à midi dans un quartier de bureaux peut être à 70 % de retrait — mais un mix que vous ne savez pas expliquer signifie en général qu'un canal pilote la cuisine à votre place.

Un avertissement sur les chiffres eux-mêmes. Comparez les canaux en marge, pas en chiffre d'affaires. La livraison a presque toujours l'air d'être votre canal en plus forte croissance, parce que les paniers plus gros et les frais gonflent le haut du compte. Regardez ce qu'il reste après le coût de la course ou la commission, et le classement s'inverse souvent. Votre ticket moyen par canal est le chiffre à regarder bouger.

Un ordre de déploiement raisonnable

Ne lancez pas trois canaux en un mois. Faites plutôt ceci :

Semaines 1–2 — corrigez la salle. Plan de salle, QR codes par table, statuts propres, temps de rotation honnêtes. N'ajoutez rien.

Semaines 3–4 — ajoutez l'à emporter. Le moins cher, le plus sûr, le plus rentable. Faites le test du transport, construisez le point de retrait, annoncez de vrais délais. Apprenez à emballer quand l'enjeu est faible.

Semaines 5–8 — ajoutez la livraison, petit. Une zone serrée. Votre canal propre d'abord, pas les plateformes — vous apprendrez plus de 20 commandes en direct que de 200 commandes dont vous ne voyez jamais les clients. Frais, minimum, horaires séparés, heure limite.

Semaine 9 et après — décidez pour les plateformes. Vous connaissez maintenant votre vrai coût par course, donc vous pouvez dire si 30 % de commission achètent de la visibilité ou financent quelqu'un d'autre.

Puis revoyez l'ensemble chaque trimestre. Salaires, emballages et tarifs de course ont tous bougé cette année. Un paramétrage de canaux datant de 2024 est une hypothèse sur un monde qui n'existe plus.

La plupart des plateformes gratuites permettent aujourd'hui d'activer sur place, à emporter, livraison et commande client par établissement, avec des horaires, frais et minimums de livraison propres à chacun. Tabres fonctionne ainsi, par exemple. Quel que soit votre outil, le test est le même : pouvez-vous changer un canal sans toucher aux deux autres ? Si non, vous n'avez pas des canaux. Vous avez une carte avec trois chapeaux.

Les erreurs qui transforment trois canaux en un désordre

  • Recopier la carte de la salle en livraison. Le moyen le plus rapide de fabriquer un avis à une étoile avec un plat parfaitement bon.
  • Un seul temps de préparation pour tout. Une promesse que vous cassez à 20 h chaque vendredi.
  • Aucun plafond de capacité. La cuisine trouve sa limite toute seule, en général au milieu du service, et bruyamment.
  • Couper la livraison au coup de feu au lieu de la réguler. Vous perdez la commande et le client. Un délai plus long ne perd ni l'un ni l'autre.
  • Le même prix partout, plateformes comprises. C'est une remise de 30 % offerte à une entreprise qui n'est pas votre client.
  • Facturer des frais de service sur le retrait. Vous taxez votre meilleur canal pour le crime de vous coûter moins cher.
  • Un seul taux de TVA sur tout. En France, c'est le paramétrage qui finit en redressement.
  • Un ticket qui ne dit pas comment la nourriture sort. Toutes les erreurs de dressage d'une cuisine multicanale commencent ici.
  • Juger les canaux au chiffre d'affaires. La livraison gagne toujours ce concours-là, et perd souvent le vrai.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un canal de commande en restauration ? La façon dont la commande arrive au client : sur place, à emporter, en livraison, et la commande à table depuis le téléphone du client. Chacun a des coûts différents, des besoins de production différents et souvent un taux de TVA différent, donc chacun doit être configuré séparément.

Qu'est-ce qui rapporte le plus, l'à emporter ou la livraison ? L'à emporter, presque toujours. Pas de livreur, pas de commission, pas de table bloquée, et c'est le client qui vient chercher. Sur un panier de 40 €, le retrait conserve typiquement 5 à 12 € de plus que la même commande livrée.

Les prix de livraison doivent-ils être plus élevés que ceux de la salle ? Sur votre canal de livraison propre, une majoration de 10 à 15 % est courante et acceptée. Sur les plateformes, 20 à 30 % est la norme, parce que la commission doit bien sortir de quelque part. Gardez l'à emporter au prix de la salle.

Faut-il une carte différente pour la livraison ? Oui — plus courte. Faites le test du transport à 12 minutes sur chaque plat et retirez ce qui échoue. Fritures, plats saucés, cuissons minutées et produits glacés ne survivent en général pas au trajet.

Peut-on couper un canal aux heures de pointe ? Vous pouvez, mais un temps de préparation plus long fonctionne mieux. Couper un canal fait perdre la commande entièrement. Annoncer 40 minutes au lieu de 20 en conserve la plupart, et fixe une attente honnête.

La TVA est-elle différente sur place, à emporter et en livraison ? En France, le critère n'est pas le canal mais la destination du produit. Consommation immédiate : 10 %, que ce soit en salle, à emporter ou livré. Produit conditionné pour être conservé : 5,5 %. Boissons alcoolisées : 20 % dans tous les cas. Un même ticket peut donc porter trois taux — faites valider votre paramétrage par votre expert-comptable.

Quel est un bon mix de canaux ? Pour un indépendant avec une salle, environ 55 à 70 % sur place, 15 à 25 % à emporter et 10 à 20 % en livraison est un point de départ courant. Le bon mix dépend de votre emplacement : une adresse de midi dans un quartier de bureaux peut être majoritairement en retrait et se porter très bien.

Faut-il un système différent par canal ? Non, et il ne faut surtout pas le souhaiter. Des systèmes séparés, ce sont des cartes à mettre à jour deux fois, des tablettes à surveiller et des commandes qui ne tombent pas juste en fin de journée. L'objectif est un seul système avec des réglages par canal.


Voici la partie la plus longue à accepter : ajouter un canal n'ajoute pas de capacité. Ça ajoute de la demande. La cuisine garde exactement la même taille.

Le travail n'est donc pas d'activer des canaux. C'est de décider, volontairement, de ce que chacun a le droit de faire : ses horaires, sa carte, ses prix, ses promesses et son plafond. C'est un après-midi de réglages et une conversation honnête avec votre chef.

Faites-le cette semaine, avant le prochain vendredi chargé. Puis allez emballer un burger et laissez-le poser douze minutes. Ce seul test vous en dira plus sur votre carte de livraison qu'un mois de tableaux de bord.

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