Faut-il accepter les bons de réduction périmés au restaurant a une réponse claire : oui pour tout bon individuel jusqu'à 15,00 €. Une remise de 10,00 € sur une addition de 40,00 € coûte 3,00 € d'ingrédients et garde un habitué qui dépense 1 200,00 € par an. Dire non à table gaspille l'argent marketing déjà dépensé pour faire entrer ce client chez vous. Acceptez un bon périmé unique ou concurrent en rappelant la date, mais refusez le cumul de bons et les offres à moitié prix.

Faut-il accepter les bons de réduction périmés au restaurant

Un vendredi soir de grand service, votre serveur ou serveuse vient au comptoir avec un flyer froissé donné par la table 6. Ce bon offre 10,00 € de remise dès 40,00 € d'addition, mais la date en bas a expiré il y a trois semaines.

Si vous dites au serveur de refuser ce bon, vous créez un moment gênant à table pour quelques euros de nourriture. Vous avez déjà payé pour créer, imprimer et distribuer cette publicité afin de faire venir ce client dans votre salle. Le coût d'acquisition client est l'argent marketing dépensé pour faire entrer un nouveau client. Aux États-Unis, selon la Harvard Business Review en 2026, ce coût est cinq fois plus élevé que celui pour garder un habitué.

Même si un habitué fidèle revient après un refus, rejeter son bon vous donne une image radine. L'accepter une fois montre au client que vous le respectez et garantit presque son retour la semaine suivante. Accepter un bon périmé de 10,00 € échange 3,00 € d'ingrédients contre la fidélité d'un habitué qui dépense 1 200,00 € par an.

Le calcul du ratio matière sur un bon périmé de 10,00 €

Beaucoup de gérants voient un bon de 10,00 € et pensent perdre un billet de 10,00 € dans leur caisse enregistreuse. Le vrai coût pour votre cuisine est seulement la matière première contenue dans cette tranche de 10,00 €.

Dans une brasserie française de 50 places en 2026, un couple dépense 40,00 € deux fois par mois, soit 960,00 € à 1 200,00 € par an. Votre cuisine a un ratio matière de 30 % (la part du prix du menu dépensée pour les ingrédients bruts). Sur 40,00 €, vos ingrédients coûtent 12,00 € et laissent 28,00 € de marge brute (l'argent restant après l'achat des aliments). Voyez la formule complète dans notre guide pour calculer le ratio matière de son restaurant.

Quand vous acceptez un bon périmé de 10,00 € sur cette table de 40,00 €, le couple paie quand même 30,00 € :

  • Argent encaissé à la table : 30,00 €
  • Coût des ingrédients bruts du repas : 12,00 €
  • Marge brute gardée ce soir : 18,00 €
  • Coût matière réel de la remise de 10,00 € : 3,00 €

Comparez maintenant ce coût matière de 3,00 € avec ce que vous payez pour attirer un nouveau client. Distribuer 2 500 flyers locaux avec La Poste Mediapost en 2026 coûte environ 800,00 € d'impression et de distribution. Avec un retour normal de 2 % (50 tables), vous dépensez 16,00 € de publicité pour faire venir une seule table. Nous détaillons ces chiffres dans notre guide sur la publicité de restaurant rentable.

Scénario d'addition (commande de 40,00 €)Le client paieCoût matière (30 %)Marge brute ce soirMarge brute annuelle (24 visites)
Addition plein tarif (sans bon)40,00 €12,00 €28,00 €672,00 €
Bon périmé de 10,00 € accepté30,00 €12,00 €18,00 €662,00 €
Bon concurrent de 10,00 € accepté30,00 €12,00 €18,00 €662,00 €
Bon périmé refusé (l'habitué part)40,00 €12,00 €28,00 €28,00 €

Le même calcul vaut pour le bon d'un concurrent. Si un client entre un mardi calme avec un bon de 10,00 € d'un autre restaurant de la rue, prenez-le. Une table vide rapporte 0,00 € pour l'URSSAF, alors que ces 30,00 € paient les 12,00 € d'aliments et laissent 18,00 € en caisse. Refuser un bon de 10,00 € économise 10,00 € ce soir mais met en danger 634,00 € de marge brute sur 12 mois.

Ce que vos serveurs et serveuses doivent dire à table

N'acceptez jamais un bon périmé en silence. Si votre serveur ou serveuse prend le papier sans un mot, le client croit que personne ne vérifie la date. Il reviendra le mois suivant avec trois autres bons périmés.

Formez votre équipe à signaler la date dépassée avec un sourire chaleureux pour montrer au client que vous faites une exception pour lui. Donnez deux phrases courtes à vos serveurs :

  • Pour un habitué : "Ce bon a expiré le mois dernier, mais nos habitués n'expirent jamais, donc je vous ai déduit les 10,00 € ce soir."
  • Pour un client occasionnel : "Cette offre a pris fin le 1er du mois, mais nous sommes ravis de vous voir et appliquons les 10,00 €."

Ce court dialogue change toute l'ambiance à la table et montre que le bon est officiellement terminé. Comme règle empirique en restauration à table, un client qui reçoit une remise imprévue laisse souvent 2,00 € à 5,00 € de pourboire en plus. Demandez aux serveurs d'entourer le prix initial de 40,00 € sur le ticket pour montrer la vraie valeur du repas. Signaler gentiment la date dépassée transforme un bon périmé en faveur personnelle et en meilleur pourboire.

Quand dire non et comment régler votre logiciel de caisse

Accepter des réductions périmées a une limite financière claire. Dites non dans trois cas précis où la remise efface toute votre marge brute :

  1. Le cumul de bons, quand une table veut utiliser deux ou trois bons périmés de 10,00 € sur une addition de 40,00 €.
  2. Les anciens bons "un plat acheté, un plat offert" d'une année où le bœuf et le poisson coûtaient beaucoup moins cher.
  3. Les bons d'achat groupés périmés vendus par des sites externes qui ont clôturé l'offre et ne vous paieront plus.

Face à un vieux bon "un acheté, un offert" sur une entrecôte à 36,00 € qui coûte 14,00 € d'ingrédients, proposez un compromis poli. Le responsable dit à la table : "Cette offre est finie depuis l'an dernier, mais je déduis 10,00 € ce soir ou j'offre deux desserts maison." Une mousse au chocolat maison coûte 1,80 € à votre cuisine et garde la table souriante.

Bloquez ces limites dans votre logiciel de caisse (le système qui enregistre les commandes et les paiements) pour éviter d'appeler un responsable :

  • Créez un bouton "Geste bon périmé" plafonné à 10,00 € ou 15 % sur une seule addition.
  • Limitez ce bouton à un usage par table, et exigez un code PIN responsable pour tout offert (remise ou plat gratuit) dépassant 15,00 €.
  • Posez une agrafeuse près de chaque caisse et obligez les serveurs à agrafer le bon papier au ticket de caisse.

Garder le bon papier empêche un client ou un employé malhonnête de réutiliser le même flyer cinq fois dans la semaine. Plafonnez les bons périmés validés par les serveurs à 15,00 € dans votre logiciel de caisse et agrafez le bon au ticket.

La loi française sur les cartes cadeaux et les bons de réduction en 2026

Parfois, un client présente une vieille carte cadeau ou un chèque cadeau vendu par l'ancien propriétaire avant votre rachat du restaurant. En France, la loi traite très différemment une carte cadeau payée et un bon de réduction gratuit.

Selon le Code de la consommation contrôlé par la DGCCRF en 2026, une carte cadeau achetée est valable jusqu'à la date écrite clairement dessus. Sans date limite écrite sur un bon cadeau payé, il reste valable cinq ans selon l'article L110-4 du Code de commerce en 2026. En revanche, un bon promotionnel gratuit n'a pas été acheté : vous fixez librement sa date de fin en l'imprimant clairement sur le bon.

Lors d'un rachat de fonds de commerce, les bons cadeaux de l'ancien gérant ne vous engagent pas sauf clause écrite, contrairement au rachat de société. Consultez notre checklist pour racheter un restaurant existant pour vérifier comment les dettes se transmettent. Même sans obligation, honorer un vieux bon cadeau de 25,00 € coûte seulement 7,50 € d'ingrédients à 30 % de ratio matière et fidélise un voisin. Gardez l'ancien bon en caisse pour qu'il ne revienne pas une seconde fois.

Vérifiez aussi le réglage de la TVA dans votre logiciel de caisse certifié (NF525 ou LNE) avec votre expert-comptable ou les impôts en 2026. En France, une remise immédiate de 10,00 € sur un repas à 40,00 € réduit la base imposable : la TVA porte sur 30,00 €. Une carte cadeau payée est un moyen de paiement, donc la TVA s'applique sur le total de 40,00 € lors du repas. En France, un bon cadeau payé sans date écrite vaut cinq ans, tandis qu'un bon promotionnel gratuit expire à la date imprimée.

À faire cette semaine

  • Ajoutez un bouton "Geste bon périmé" plafonné à 10,00 € ou 15 % dans votre logiciel de caisse pour gérer vite les petits bons expirés.
  • Exigez le code PIN du responsable au-delà de 15,00 € de remise et bloquez le cumul de plusieurs bons sur une même addition.
  • Faites répéter les deux phrases à vos serveurs et serveuses avant le service pour qu'ils signalent toujours la date dépassée avec le sourire.
  • Posez une agrafeuse près de chaque caisse enregistreuse et demandez d'agrafer chaque bon papier ou ancien chèque cadeau au ticket encaissé.
  • Vérifiez vos flyers et offres en ligne pour afficher "Un seul bon par table, non cumulable" et une date de fin claire.