Le chiffre d'affaires de votre restaurant est en baisse pour une de ces deux raisons : moins de clients, ou des clients qui dépensent moins par commande. Si vous avez eu autant de clients et que le chiffre d'affaires a baissé de 33 %, chaque commande a perdu un tiers. Fin septembre 2026, c'est surtout la saison et le budget des clients, pas votre café. Comparez la semaine entière avec la même semaine l'an dernier, et n'agissez que si la semaine baisse aussi.

Pourquoi le chiffre d'affaires de votre restaurant est en baisse

Le chiffre d'affaires, c'est l'argent de toutes vos ventes. Il se calcule avec deux nombres : le nombre de commandes multiplié par le ticket moyen. Le ticket moyen, c'est ce qu'une commande dépense en moyenne, donc le chiffre d'affaires divisé par le nombre de commandes. Avant de faire autre chose, séparez chaque mauvaise journée en ces deux nombres.

Voici un jeudi normal et un mauvais jeudi dans un café très fréquenté, en France, en 2026. Les montants sont en euros TTC, taxes comprises, comme sur la caisse.

Jeudi normalMauvais jeudi
Commandes200200
Ticket moyen12,00 €8,00 €
Chiffre d'affaires2 400 €1 600 €
Variation−33 %

Les clients ne sont pas partis. Beaucoup ont pris seulement un latte à 5 € et ont laissé de côté le sandwich à 7 €. Les mêmes clients qui commandent moins, c'est un problème de ticket, pas un manque de clients, et les solutions ne sont pas les mêmes. Si le nombre de commandes avait baissé, il vous faudrait de nouveaux clients : commencez alors par remplir les tables vides les jours creux.

Jugez la semaine, pas la journée

Une seule journée dépend de trop de choses : la pluie, une fête d'école, des travaux dans la rue, la fin de mois avant la paie. Une journée peut baisser de 30 % sans rien vouloir dire.

Faites le total de votre semaine, du lundi au dimanche, et lisez-le au plus tard mardi matin, pour pouvoir encore changer la semaine suivante. Comparez-la avec la même semaine l'an dernier, pas avec la semaine dernière, car elle tombe à un autre moment de la saison.

Reprenez le mauvais jeudi et regardez toute sa semaine. Une semaine normale rapporte 16 000 € à ce café. Le mauvais jeudi a enlevé 800 €, donc la semaine a fini à 15 200 €, en baisse de 5 %.

La même semaine l'an dernier avait rapporté 15 500 €. Face à l'an dernier, vous êtes donc à environ 2 % de moins. C'est une semaine calme normale.

Utilisez ce repère simple avant de vous inquiéter :

  • Une mauvaise journée : notez ce qui était différent ce jour-là, puis passez à autre chose.
  • Deux semaines de suite en baisse face à l'an dernier : regardez les commandes et le ticket moyen le matin, le midi et l'après-midi.
  • Quatre semaines en baisse de plus de 10 % face à l'an dernier : changez le ticket moyen, le personnel et les horaires, comme expliqué plus bas.

Suivez cinq chiffres chaque semaine : le chiffre d'affaires, les commandes, le ticket moyen, le coût matière et la masse salariale. Le coût matière, c'est ce que coûtent vos ingrédients, et la masse salariale, ce que coûte votre équipe. La liste complète du lundi est dans les indicateurs de restaurant à vérifier chaque lundi.

Fin septembre, la plupart des cafés sont calmes

Pour beaucoup de patrons expérimentés, la troisième semaine de septembre est la deuxième semaine la plus calme de l'année. La plus calme est la troisième semaine de janvier. Prenez cela comme un repère, pas comme une statistique.

La raison habituelle est l'argent : en septembre, les familles paient la rentrée des classes, et en janvier, elles paient les fêtes. En ville, fin juillet et août viennent ensuite, quand les familles partent en vacances.

Regardez vos propres ventes des deux ou trois dernières années et notez ces semaines dans le calendrier de l'an prochain. Puis organisez-vous autour d'elles :

  • Pendant la troisième semaine de septembre ou de janvier, ne payez pas de groupe de musique et ne lancez ni nouvelle carte ni promotion.
  • Placez les congés payés de l'équipe sur ces semaines.
  • Utilisez les heures creuses pour les tâches qu'une journée chargée ne permet jamais. Recalculez le coût de vos 10 meilleures ventes, demandez les prix d'un deuxième fournisseur et réparez l'étagère cassée. Apprenez aussi à un nouveau barista à proposer un supplément.

Le budget des clients en 2026

La saison n'explique pas tout. Aux États-Unis, en août 2026, 46 % des restaurateurs ont eu moins de clients qu'un an plus tôt, selon la National Restaurant Association. Selon la même enquête, c'était la 18e fois en 19 mois que plus de restaurateurs perdaient des clients qu'ils n'en gagnaient. Dans cette enquête d'août 2026, 51 % avaient quand même un chiffre d'affaires plus élevé qu'un an plus tôt : les gens sortent toujours manger.

Le carburant joue aussi. En septembre 2026, le gazole aux États-Unis a dépassé 6 $ le gallon pour la première fois, selon l'agence américaine de l'énergie (EIA). Un gallon fait 3,785 litres, donc cela fait environ 1,59 $ le litre. Quand le plein coûte plus cher, beaucoup de clients gardent la sortie mais suppriment les extras.

Le gazole fait aussi rouler chaque camion qui vous livre le lait, la farine et les gobelets. Demandez à chaque fournisseur s'il ajoute une surcharge carburant, des frais en plus pour le gazole, à chaque livraison. S'il ajoute 15 € par livraison et que vous en recevez trois par semaine, passer à deux par semaine vous fait gagner 780 € par an.

Relevez le ticket moyen sans faire de remise

Quand les clients descendent en gamme, c'est-à-dire qu'ils prennent des produits moins chers, une baisse de prix ne ramène pas les 4 € perdus. Aidez-les plutôt à ajouter un petit article.

  • Affichez au tableau une formule latte et pâtisserie à 7,50 €. Achetés séparément, ils coûtent 8,75 €. Le client venu pour un latte à 5 € dépense maintenant 2,50 € de plus. En 2026, la TVA sur place est de 10 % : elle prend environ 0,23 € sur ces 2,50 €. La pâtisserie vous coûte environ 1,10 €, donc vous gardez environ 1,17 € de plus.
  • Vendez un demi-sandwich à 4 €. Un client qui ne veut pas payer 11 € pour déjeuner paie souvent 4 €.
  • Posez une question claire à la caisse. « Je vous mets un cookie avec ? » vend plus que « Et avec ceci ? », parce qu'elle nomme un produit.
  • Gardez près de la caisse un article à 2,50 € qui vous coûte moins de 0,70 €.

Faites le calcul sur le mauvais jeudi. Si un client sur quatre ajoute la pâtisserie à 2,50 €, cela fait 50 × 2,50 € = 125 € de plus ce jour-là. Sur 30 jours, cela fait 3 750 €, avec les mêmes clients.

Attendez la fin des semaines calmes pour augmenter vos prix. Un client qui compte déjà chaque euro remarque une hausse de prix avant tout le reste. D'autres idées sont dans comment augmenter votre ticket moyen.

Réduisez le personnel aux heures creuses

Une journée calme ne fait pas baisser vos coûts de personnel, donc ils prennent une plus grande part du chiffre d'affaires. Trois personnes sur des services de 8 heures, à 20 € de l'heure avec les charges, coûtent 480 €. C'est 20 % d'une journée à 2 400 € et 30 % d'une journée à 1 600 €.

Regardez les ventes heure par heure, pas jour par jour. Le chiffre d'affaires par heure travaillée, c'est votre chiffre d'affaires divisé par les heures travaillées par votre équipe. Le jeudi normal, il est de 2 400 € ÷ 24 heures = 100 €. Le mauvais jeudi, il est de 67 €.

Si le créneau de 14 h à 17 h vend 150 € avec trois personnes, finissez un service à 14 h pendant les semaines calmes. Ces 4 heures en moins économisent 80 € et font monter le chiffre d'affaires par heure travaillée à 80 €. Inscrivez le service plus court au planning deux semaines à l'avance, pour que personne ne se déplace pour rien.

Les règles en France avant de renvoyer un salarié plus tôt (2026)

En France, un salarié est payé pour les heures prévues à son contrat et à son planning. Si vous le renvoyez chez lui plus tôt sans l'avoir prévenu à temps, vous lui devez en principe ces heures. Les 80 € économisés ne viennent donc que d'heures que vous ne devez pas encore. C'est le cas d'un extra que vous n'appelez pas, une personne embauchée pour un service, ou d'heures supplémentaires que vous ne planifiez pas.

Le Code du travail demande de prévenir un salarié à temps partiel au moins 7 jours ouvrés avant de changer la répartition de ses heures. Un accord collectif peut réduire ce délai, mais jamais sous 3 jours ouvrés. Un planning fait deux semaines à l'avance respecte ces délais.

La convention collective des hôtels, cafés, restaurants (HCR) fixe aussi ses propres règles sur les horaires et les heures supplémentaires. Les règles changent, alors vérifiez avec l'inspection du travail (DREETS) ou votre expert-comptable avant de changer un planning en 2026.

Quand fermer un établissement

Lisez le compte de résultat de chaque établissement, c'est-à-dire ce qu'il gagne et ce qu'il dépense, pas le total de tous. Un établissement solide en cache un faible.

Par exemple, un café gagne 9 000 € par mois et un autre perd 2 000 € par mois. Après six mois, le bon a payé 12 000 € pour le mauvais.

Comparez le café faible avec ses propres mois de l'an dernier. S'il perd de l'argent sur des mois qui en gagnaient l'an dernier, la saison n'est pas la cause.

Donnez-lui un seul changement et 90 jours : des horaires plus courts, une carte plus courte ou une personne de moins en semaine. Écrivez l'objectif avant de commencer, par exemple « plus aucune perte au troisième mois ». S'il le rate, fermez-le ou vendez-le.

Avant de décider, lisez votre bail commercial avec un avocat. En 2026, un bail commercial dure en général 9 ans. Vous pouvez en principe partir à la fin de chaque période de 3 ans, en prévenant 6 mois avant.

Regardez aussi la clause de cession : elle dit si vous pouvez passer le bail à un repreneur. La sous-location, c'est-à-dire louer le local à quelqu'un d'autre, est interdite, sauf si le bail ou le propriétaire l'accepte.

Comptez aussi vos propres heures. Un poste payé 60 000 € brut par an, c'est environ 33 € de l'heure pour une semaine de 35 heures. Si vous passez 15 heures par semaine à sauver le café qui perd de l'argent, ces heures vous coûtent environ 495 € par semaine.

À faire cette semaine

  1. Faites le total de la semaine dernière, du lundi au dimanche, pour chaque établissement, et comparez-le avec la même semaine de 2025.
  2. Séparez le chiffre d'affaires de chaque établissement en commandes et ticket moyen.
  3. Affichez une formule latte et pâtisserie au tableau, et posez à la caisse une question qui nomme un produit.
  4. Notez les troisièmes semaines de janvier et de septembre, puis fin juillet et août, comme semaines calmes dans le planning de l'an prochain.
  5. Écrivez un objectif à 90 jours pour chaque établissement qui a perdu de l'argent six mois de suite.